Monday, November 08, 2010

Du 8 mai 1945 au 17 octobre 1961Négationnisme caractérisé





Du 8 mai 1945 au 17 octobre 1961

Négationnisme caractérisé

Début octobre la chaîne TV du sénat français avait consacré une émission spéciale aux relations passionnelles algéro-françaises /franco-algériennes en prenant pour prétexte la diffusion en salle de deux films : « Des Hommes et des Dieux » et « Hors La Loi ». Tous les deux traitant de l’Algérie pré et post indépendance. Mais le débat s’est focalisé sur l’œuvre de Rachid Bouchareb (Hors La Loi), une fiction où le réalisateur montre de brèves séquences du massacre d’Algériens à Sétif le 8 mai 1945. Séquences indispensables à la trame de la fiction. Dans plusieurs villes de France la diffusion de cette œuvre a donné lieu à des actions hostiles car ressentie comme une provocation par des extrémistes beaufs toujours prisonniers d’un « glorieux » passé d’esclavagistes mais qualifiés par l’Etat républicain français de pionniers, de bâtisseurs. Cela nous ramène au temps des razzias où une coalition de spoliateurs européens avait exterminé les autochtones pour accaparer le continent américain, le Canada, l’Australie et l’Océanie.
Jusque là nous avions cru que le virus de la ‘’nostalgérie’’ reste encore très virulent mais qu’il était en train de vivre ses dernières années dans la mesure où le plus gros contingent des inconditionnels, pieds-noirs ou autres, de ‘’l’Algérie française’’ est au bord de la tombe ou n’a plus la capacité physique et mentale de s’accrocher à des luttes d’arrière-garde. Il nous fallait tout simplement patienter, laisser au temps le temps d’estomper les frustrations et à la raison de neutraliser les égoïsmes pour ouvrir la voie du rapprochement aux générations de l’après-guerre des deux rives : construire l’avenir ensemble dans le respect mutuel, sans se mentir, sans manipuler l’histoire ni en faire une rampe de lancement pour des politiciens carriéristes en mal de popularité et dont les ambitions démesurées les poussent aux deux extrémités des extrêmes.
Hélas ! Mille fois hélas !
Pendant que la nation algérienne exsangue essayait de se reconstruire en pansant ses plaies
sanguinolentes, séquelles de 132 ans de barbarie coloniale, les nostalgériques cultivaient la rancune et la phobie de tout ce qui symbolise l’Algérie indépendante. Pourtant en France plus et bien mieux qu’en Algérie parce qu’ils sont plus libres des écrivains, des universitaires, des penseurs, des historiens admirables de courage, de clairvoyance et de persévérance, avaient très tôt emprunté le chemin inverse pour déterrer les vérités historiques aboutissant à des conclusions inattaquables quant à la nature et à la qualification juridique du colonialisme : un Crime contre l’humanité.
Que s’est-il donc passé au fil de ces trente dernières années pour que les sommets de la hiérarchie politique française soient noyés par la déferlante visqueuse d’un négationnisme
non moins visqueux ? Car la réhabilitation de l’OAS. et l’adoption de la loi de février 2005 décrétant que le colonialisme est un système positif ne sont pas intervenues spontanément. Elles sont l’aboutissement d’une longue maturation entre colons et fils de colons, harkis et fils de harkis, politiciens (politichiens) chassant sur les territoires de l’électorat lepéniste, algériens élevés dans la tradition béni oui oui et le relatif confort matériel dont avaient joui les assimilationnistes. Ceux-ci continuent de reprocher, jusqu’à ce jour, au général de Gaulle d’avoir abandonné la perle de l’empire colonial français aux égorgeurs du FLN. Actuellement on ne compte plus les Algériens, jeunes et vieux, qui ne se cachent plus pour accuser le pouvoir algérien d’être aussi injuste, aussi clientéliste, aussi corrupteur que le pouvoir colonial. Nier cela sera pire qu’un mensonge. Ne jouons pas stupidement à l’autruche. Il n’y a que la composante éféléniste pervertie de 1962, sourde, aveugle, bouffie par la rente, sénile, coupée de la réalité de l’Algérie profonde, qui s’adonne à ce jeu de lâches.
Il est tout de même aberrant d’entendre en 2010 un écrivain dire sans rougir que la France colonialiste n’avait pas perpétré un massacre à Sétif, à Guelma et à Kherrata le 8 mai 1945. Selon lui les forces françaises de sécurité auraient tout juste réprimé un peu durement une manifestation violente fomentée par des ennemis de l’ordre républicain. Ce ne sont pas là des propos négligeables tenus par un monsieur tout le monde au comptoir d’un bistrot quelconque. La chaîne TV du sénat n’ayant invité que des intellectuels il nous est absolument défendu d’observer un minimum de complaisance ou de garder le silence.
Ainsi le sieur Lucas, écrivain, membre d’une confédération de ‘’nostalgériques’’ ayant vendu à un prix élevé ses bulletins de vote à Nicolas Sarkozy ; du donnant-donnant qui relègue l’honneur au tout dernier rang des soucis des contractants, acheteurs et vendeurs mélangés.
Que le sieur Lucas ait réduit à deux mille le nombre des victimes du carnage commis le 8 mai 1945 dans le Constantinois cela n’engage que sa crédibilité. Jamais, au grand jamais, nous ne nous impliquerons dans les stupides et stériles batailles des chiffres quand celles-ci n’altèrent pas le fond du problème. Nous avons des précédents juridiques qui nous évitent de tomber dans le piège que nous tendent nos contradicteurs pour nous détourner de l’essentiel. L’exemple du village martyr Oradour-Sur-Glane nous épargne les polémiques pernicieuses.
Des soldats allemands tuent 645 ou 647 civils (françaises et français) pour non dénonciation de terroristes en application du concept de responsabilité collective si cher à François Mitterrand, René Coty, Massu, De Gaulle, Nixon, Sharon, Netanyahu, Bush comme à Hitler.
Que l’on nous permette une parenthèse qui facilite la compréhension de notre position :
Le résistant français était un terroriste aux yeux de l’armée hitlérienne, le résistant algérien était un terroriste aux yeux de l’armée et des colons français, le résistant irakien est aujourd’hui un terroriste aux yeux de l’armée américaine, les résistants palestiniens et libanais sont aujourd’hui des terroristes aux yeux de Tsahal, des colons sionistes, de Barak Obama, de Nicolas Sarkozy, de Tony Blair, d’Angéla Merkel pour ne citer que les proxénètes du Conseil de sécurité de l’ONU. Preuve que les spoliateurs, exterminateurs, violeurs, inventent des lois et des vocables pour demeurer toujours les maîtres. Mais parfois la roue du destin tourne en faveur des opprimés.
L’exemple de Oradour-Sur-Glane est une belle leçon que ni les colons français ni les colons sionistes ni les exterminateurs américains n’ont retenue. Les 645 victimes de ce village seront bien vengées par le Tribunal Pénal international qui condamnera la puissance spoliatrice allemande pour crime contre l’humanité. Aussitôt l’Etat républicain français convertira le village martyr en musée à ciel ouvert. Pour l’histoire mais aussi pour mettre en garde les générations montantes contre les horreurs de la guerre.
Quelle délicatesse, mes amis !
Surtout que de I945 à 1962 ce même Etat républicain n’a pas arrêté un seul instant d’envoyer des adolescents français, sénégalais, corses, bretons, martiniquais, alsaciens, antillais, tuer et risquer de se faire égorger en Algérie pour protéger les colons et leurs biens mal acquis. Mais sans jamais oser avouer qu’il était en guerre en territoire étranger contre un peuple martyrisé qui luttait depuis plus d’un siècle pour son indépendance.
Revenons à la journée du 8 mais 1945 dans le Constantinois.
Les puissances occidentales avaient cité des chiffres effarants.
L’Amérique avait situé le nombre des morts entre 36000 et 45000. Pourquoi auraient-ils menti ces barbares d’Américains qui sont experts dans le domaine spécifique des génocides (Hiroshima, le Vietnam, le Liban, l’Irak, le Chili, cas tirés d’une liste kilométrique) ? Pourquoi auraient-ils menti ces exterminateurs d’Américains qui, officiellement, considéraient en cette période immédiate d’après guerre notre pays comme partie intégrante du territoire français et n’avaient aucune raison politique de chagriner leur allié, le général de Gaulle ? Des observateurs occidentaux, amis de la France, avaient en outre retenu un non sens ou une bizarrerie bien française :
Pour réprimer la marche pacifique anticolonialiste des Algériens à Sétif qu’a fait l’Etat républicain français ?
Il avait engagé la marine, l’aviation et plusieurs corps de l’armée d’occupation. C’est à partir du port de la coquette ville Bejaia (ex Bougie) que les navires de guerre envoyaient leurs gros obus, ravageant des douars entiers qui se trouvaient dans la trajectoire de tir de l’artillerie lourde. Cas de Béni Ourtilène et ses environs.
Marine, aviation, force de sécurité, gendarmes, légion étrangère, harkis, milices de colons, fantassins sénégalais, Calédoniens, réunionnais, tabors marocains etc. Tout cela parce que l’un des jeunes manifestants avait exhibé un drapeau vert et blanc. Oui. L’Etat républicain français n’avait pas du tout supporté de voir un drapeau algérien orphelin flotter dans les premiers rangs d’une manifestation pacifique qui fut organisée pour honorer la victoire des alliés sur l’armée hitlérienne mais aussi pour rappeler aux vainqueurs leur belle promesse de libérer le continent africain du joug colonial en récompense aux colonisés qui ont combattu pour contribuer à la libération de la France et de l’Europe du nazisme.
Est-ce pour faire définitivement taire cette revendication légitime que les premières balles assassines des forces françaises de sécurité ôtèrent la vie au porte-drapeau ?
Car à Sétif, Kherrata, Guelma, Constantine, la journée du 8 mai 1945 avait commencé par des rassemblements joyeux et s’était achevée par un génocide.
Pour fausser les calculs d’une pseudo commission d’enquête parlementaire française débarquée de Paris, qu’ont fait les autorités françaises en Algérie ?
Elles avaient brûlé les cadavres. Plusieurs centaines dans les fours à chaux d’Héliopolis. Nous défions quiconque de donner un chiffre proche de la vérité compris dans une fourchette de 60 % à 70 % même s’il aura accès aux archives de la guerre d’Algérie que l’Etat républicain français a une peur bleue de mettre à la disposition des chercheurs tant il a honte de ses crimes dans les anciennes colonies françaises, particulièrement en ce qui concerne l’Algérie où s’exprime une réelle volonté citoyenne de tout savoir, par opposition à la classe dirigeante qui a décidé d’écrire une Histoire lisse, aseptisée et étouffe en 2010 un projet de loi CRIMINALISANT le colonialisme qui répond à la loi provocatrice du 23 février 2005 (1) portée à bout de bras par le président de la république française (promesse électoraliste faite aux nostalgériques) et adoptée par une coalition majoritaire du parlement français.
Mille, deux mille, quinze mille, trente six mille, quarante cinq mille, ou six cents quarante cinq morts, en quoi cela peut-il atténuer l’horreur du carnage ?
Où est la différence quand toutes les lois humaines et toutes les religions considèrent et condamnent l’assassinat d’un citoyen innocent ou sans défense au même titre que le massacre de l’humanité entière ?
Un manifestant pacifique est-il coupable d’un crime impardonnable contre la république, la démocratie et la civilisation occidentale du seul fait qu’il ait déployé un emblème pour revendiquer son appartenance à une nation privée de tous ses droits et qui désire s’affranchir ?
La réponse à ces questions dépend du côté de la barrière où est positionné la personne à qui
l’on s’adresse.
Pour le colon l’Algérie était le prolongement naturel de la France et les Algériens étaient des êtres inférieurs par rapport à l’espèce humaine. Tuer un colonisé équivaut à éliminer un rat ou un chien enragé. Il n’était point concevable à l’époque qu’un Algérien puisse pousser l’outrecuidance jusqu’à revendiquer un peu de justice ou un peu de liberté, encore moins l’indépendance. Il était tenu de plier l’échine ou de crever, de prendre ce qu’on veut bien lui donner et de faire ce qu’on lui demande. A moins d’être une créature atteinte du syndrome bolchevique. Donc il représente un grave danger pour la sécurité de la république et mérite mille fois la mort. Pourtant des algériens avaient fondé légalement en 1926 un parti politique en inscrivant dans son programme et dans son statut l’indépendance du pays : l’Etoile Nord Africaine de Bachir Hadj Ali et Messali Hadj. Parti qui fut agréé par les services compétents du ministère français de l’intérieur.
Pour le colonisé l’Etat républicain français avait envahi et occupé militairement l’Algérie ensuite il avait importé un grand nombre de prédateurs européens à qui il avait offert les terres les plus fertiles dont les propriétaires originels furent préalablement dépossédés par des lois iniques. Nous ne parlons pas des propriétaires qui furent exterminés, déportés en gros et en détail vers la Nouvelle Calédonie et ailleurs, enterrés jusqu’à la mort dans des prisons pour rébellion et crime de non allégeance à la puissance coloniale.
Voir ce que font en 2010 les hordes sionistes en Cisjordanie et à El Qods malgré les appels répétés de l’Union Européenne et de l’ONU dont les résolutions sont bloquées par le droit de veto dont abusent les USA contre le droit international.
Ceci pour illustrer deux situations identiques à plus de soixante années d’intervalle.
Comme on le voit c’est la nuit et le jour en matière de différence.
Le colonisé sacrifie sa vie pour récupérer ses biens spoliés tandis que le colon tue et parfois se fait tuer pour continuer de jouir d’un butin acquis par le crime. La justice (humaine et divine) est du côté du colonisé mais les juges protègent le colon.
C’était cela l’Etat républicain français soutenu par l’Occident civilisé.
Malheureusement cette situation perdure partout. La Palestine, l’Irak, la Syrie, le Liban, le Maroc, une grande partie des pays africains dont les dirigeants « élus » à vie et à 99,99 % ne sont que des fonctionnaires zélés des anciennes puissances coloniales. Cas Houphouët Boigny, Omar Bongo, Bokassa, Driss Déby… (la liste est très longue).
Donc le négationniste Lucas tort consciemment le cou de la vérité historique mais assez vite il se rend compte qu’il n’a pas une petite chance de convaincre l’auditoire. Alors il se
rabat sur un sujet qui lui semblait moins ardu : le massacre des harkis en 1962 par le FLN une fois que l’Etat républicain français ait eu l’indicible cruauté de les désarmer et de les abandonner en Algérie à la vindicte populaire. Notre bon Lucas insiste et insiste encore sur la barbarie du FLN. De ce côté aussi il se mélange les pédales. C’est une lapalissade que de dire aujourd’hui qu’en désarmant et abandonnant ses harkis, qui furent d’une très grande efficacité dans la chasse aux maquisards cordonnée par le général Massu, l’Etat républicain français les avait délibérément condamnés à mort. Le général de Gaulle vomissait les traîtres et les assimilationnistes même s’il ne répugnait pas de les utiliser à la manière dont nous utilisons le papier mouchoir jetable après usage, mais il avait encore besoin d’eux dans une Algérie post indépendance qu’il voulait absolument intégrer dans le nouveau système néo colonial qu’il avait inventé pour continuer de piller les anciennes colonies dont les richesses souterraines étaient l’oxygène de l’économie, de l’industrie et de la prospérité de la france.
Mais quel est donc le peuple en ce bas monde qui n’a pas essayé de liquider sans procès les vilains traîtres dans l’euphorie des premiers instants de sa libération ? En ces moments d’hystérie contagieuse aucune autorité ne peut maîtriser ou canaliser les réactions des foules ; des réactions très souvent spontanées, parfois provoquées ou mûries par une longue période de refoulement, une sorte de thérapie collective d’un peuple qui fut enchaîné pendant 132 ans.
A la fin des deux guerres mondiales qui n’ont duré que 4 et 6 ans les résistants et les bons citoyens français avaient-ils épargné les français accusés ou tout simplement soupçonnés d’avoir collaboré avec l’armée allemande d’occupation ?
Le sieur Lucas ne se montre absolument pas scandalisé par la sauvagerie des résistants et des bons citoyens français qui, le 8 mai 1945 en France, s’étaient lancés dans une partie hystérique de chasse contre les vils traîtres français. En revanche il s’indigne véhémentement contre les résistants et les citoyens algériens qui, en 1962 en Algérie, avaient eu le même comportement que ses compatriotes. Pourtant il est très bien placé pour mesurer les souffrances occasionnées par les traîtres dans les pays en guerre et il est mieux placé encore pour mesurer l’irrépressible désir de vengeance des peuples colonisés contre les colons, l’armée d’occupation et ses collaborateurs indigènes. Sans les harkis et les mouchards le système colonial n’aurait pas tenu 10 ans. A cause des harkis et des mouchards des tribus furent exterminés, des douars entiers furent rasés, des centaines de maquisards épuisés avaient abandonné le maquis, faute de soutien logistique. C’est une amère vérité que n’auraient niée ni le général de Gaulle, ni Bigeard, ni Massu ni les cadres militaires et politiques du FLN qui étaient sur le champ de bataille dans les djebels et dans les milieux urbains.
Le sieur Lucas est-il seulement de mauvaise foi ?
Pire que cela.
Il affiche un parti pris qui tue le débat sur un thème aussi sensible que la mémoire collective et l’Histoire. Il est de ceux qui ont amené l’Etat républicain français à opter pour le négationnisme caractérisé en réhabilitant le système colonial qualifié désormais de mission civilisatrice et honorant l’OAS qui aurait instauré en Algérie un mode de gouvernance copié sur l’apartheid en Afrique du Sud et sur le sionisme en Palestine si elle avait réussi dans sa tentative de scission.
Faut-il rappeler que cette organisation était composée de colons, d’officiers supérieurs de l’armée républicaine et de ministres d’un gouvernement de la même obédience ?
Par chance dans les années soixante l’ONU n’était pas une simple annexe de Washington comme elle l’est devenue depuis la dislocation des pays de l’Est et de l’empire soviétique.
Nous constatons avec amertume que l’esprit « Lucas » se répand et s’affiche sans décence, nous dirions avec ostentation un peu partout. Particulièrement dans les hautes sphères de la classe politique française de droite bcbg dont les ténors exploitent ignominieusement les niches des rancoeurs, de la discrimination, des phobies. Esprit borné, gélifié, bassement revanchard, violemment exclusiviste que l’ONU, l’Union Européenne, le Vatican et les organisations HUMANISTES non gouvernementales occidentales ont condamné en 2010 à travers le président Sarkozy, son gouvernement bigarré et ses députés chauvins dans le sens abject du terme.
A l’instar de tous les ex colons irréductibles et leurs descendants accrochés à un passé de dominateurs esclavagistes, le sieur Lucas ne pleure pas uniquement la perte de la perle de l’empire coloniale français. Il se délecte aussi des malheurs actuels de notre pays. Cela lui procure un immense bonheur, une jouissance intense de voir l’Algérie dans une situation peu enviable à cause du même FLN qui avait chassé les colons et confisqué les fruits de leurs rapines séculaires (les ex colons disent : les fruits de notre labeur).
Pris en tant qu’œuvre de fiction cinématographique le long métrage ‘’Hors la loi’’ n’a presque rien dit sur les massacres du 8 mai 1945 à Sétif, Kherrata, Guelma ni sur les fours à chaux d’Héliopolis. Ce n’est qu’un clin d’œil superficiel. L’on s’étonne qu’il ait soulevé autant d’hostilité dans une démocratie républicaine même quand celle-ci a tellement honte de son passé qu’elle a fini par l’habiller d’un costume de la grande noblesse tout en sachant qu’elle ne réussira à tromper que les déficients mentaux.
Personne ne peut cacher le soleil avec un tamis, dit un sage proverbe.
Personne ne peut refaire l’Histoire, dit un autre proverbe de même essence.
Le 8 mai 1945 avait vu l’Europe libérée du joug colonial allemand grâce aux Américains. Ce fut un jour de liesse, de convivialité, de larmes de bonheur pour l’Occident civilisé.
D’un autre côté, sanglant revers de la médaille, le 8 mai 1945 avait vu le colonialisme européen redoubler de férocité en Afrique. Plus remarquablement le colonialisme français en Algérie : massacres insoutenables dont le déroulement fut consigné par les rédacteurs de toutes les chancelleries occidentales, des humanistes français et européens, des militaires français qui furent traumatisés parce qu’ils avaient soudainement découvert que l’Etat républicain français pouvait faire sans état d’âme pire que ce qu’ont fait les nazis contre des populations civils en Europe. Pour ces pauvres conscrits c’était impensable et ils ont en souffriront toute leur vie en silence.
Terroriser les populations civiles indigènes en les pourchassant jusqu’à l’intérieur de leurs misérables logis pour prévenir ou étouffer dans l’œuf toute velléité indépendantiste. L’Etat républicain français pensait pouvoir garantir la paix aux colons par la puissance destructrice des armes quand il lui fallait simplement effacer les injustices criantes illustrées par le deuxième collège. Sur neuf millions ‘’d’indigènes’’ il n’y avait que dix mille qui jouissaient du statut du citoyen de la République. Tous les autres étaient considérés comme le 1/10° du
citoyen. Quant aux colons ils mesuraient la valeur d’un chien avec celle de cinquante ‘’ indigènes’’.
Pour en finir avec les négationnistes il nous faudra entreprendre en urgence deux actions qui réuniront des mécènes, des intellectuels et des humanistes des deux rives de la méditerranée.
Première action : la mise en images fidèles des confidences/confessions de Saint Arnaud. Ce film, s’il sera diffusé par les chaînes TV publiques et commerciales françaises aidera les générations françaises d’après-guerre à mieux mesurer les effets désastreux, destructeurs et déstructurants du colonialisme sur les peuples vaincus et à se positionner en connaissance de causes sur un héritage morale qu’elles doivent assumer avec le même courage qu’elles avaient assumé moralement les déportations des juifs par la police française en Allemagne et les massacres de Madagascar. Parce que la grandeur d’une nation républicaine est dans sa capacité à se remettre en cause quand il le faut. Elle n’en sera que plus respectable. Parce qu’un enfant qui hérite de ses parents ou de ses grands parents un gros patrimoine est moralement tenu de prendre tout : l’actif et le passif. Il est tenu moralement et légalement d’assumer les dettes sauf s’il reniera ses ascendants.
En déclarant qu’il n’était pas né quand la France avait colonisé une partie de l’Afrique pour ne pas demander pardon aux victimes des exactions coloniales que fait le président de tous les Français Nicolas Sarkozy ?
Etant un descendant d’immigré de Hongrie parfaitement intégré il renie ses parents adoptifs en cherchant à profiter des actifs d’un fabuleux héritage sans régulariser le passif ; autrement dit sans payer les dettes.
Aux yeux de la loi c’est de l’escroquerie, c’est une forfaiture.
Deuxième action : le recensement minutieux de tous les cas d’espèce semblables à celui d’Oradour-sur-Glane dans les anciennes colonies européennes et américaines en Afrique, en Amérique Latine, en Asie, en Océanie. Prendre pour repère 1939, année qui a été retenue par le Tribunal Pénal International pour asseoir juridiquement les qualifications de Crime de guerre et de Crime contre l’humanité ayant servi à condamner les officiers Allemands. Toutes les forces d’occupation ont fait la même chose. Nous ne citerons que des exemples qui sont connus des générations actuelles : Gaza, Felloudja, Sabra, Chatila, Kafr Kacem. Le Tribunal de Nuremberg avait été créé pour prévenir et réprimer les massacres des civils PAR LES PUISSANCES USURPATRICES dans le monde entier. Malheureusement, à ce jour, aucune puissance colonialiste occidentale n’a rendu des comptes pour les crimes contre l’humanité qu’elle a perpétrés après 1939 dans ses anciennes colonies malgré les preuves que rien n’effacera jamais. Car, en 1885, les pays européens s’étaient partagés le continent africain qu’ils n’ont partiellement ou fictivement libéré que dans les années 1960. Mais combien d’Oradour-sur-Glane avaient-ils commis pour protéger et faire de la place aux colons occidentaux qui avaient construit leurs fortunes avec la chair, le sang et la sueur des indigènes?
Maurice Papon, préfet du département de Constantine puis préfet de Paris en I961 sous le général de Gaulle, avait ordonné et supervisé de bout en bout un carnage contre nos ressortissants vivant en France.
La raison ?
Une manifestation pacifique où fut exhibé le drapeau vert et blanc, comme à Sétif, Kherrata, Guelma le 8 mai 1945. Ce n’est qu’à partir de 1981 qu’il sera pourchassé sous l’impulsion du président de la république François Mitterrand puis sévèrement condamné par la justice Française pour crime contre l’humanité. Il finira ses vieux jours en prison.
Pas pour le massacre des Algériens le 17 octobre 1961. Il fut, au contraire, honoré pour avoir déshonoré l’Etat républicain français aux yeux du monde entier en cassant du bougnoule à tour de bras.
C’était pour une affaire plus vieille qui sera exploitée par les lobbies sionistes grâce à François Mitterrand. Il a été condamné pour avoir collaboré avec l’armée d’occupation allemande sous le régime de Vichy (1939/1945).
Comme nous l’avons dit plus haut : De Gaulle vomissait les traîtres mais il ne répugnait pas de leur confier la sale besogne puis de les traîner dans la boue ou de les faire massacrer.
8 mai 1945, 17 octobre 1961 : deux dates charnières qui nous ont démontré jusqu’où peut aller une puissance coloniale pour étouffer les revendications légitimes d’un peuple vaincu à qui elle renie le droit d’appartenir à l’espèce humaine.
Nous le voyons en 2010 en Palestine, en Irak, en Afghanistan.
Pour ceux qui n’ont pas vu l’Etat républicain français en action dans les anciennes colonies sur les quatre continents ils n’ont qu’à se référer à ce que font les hordes sionistes à Gaza, au Golan, au Sud Liban, en Cisjordanie de I948 à ce jour.
Ils n’ont qu’à se référer sur les exploits de l’armée américaine à Baghad, à Felloudja, à Abou Ghraib contre les populations civiles, les prisonniers, les journalistes, les scientifiques etc. de 2003 à ce jour. Rien que pour spolier le pétrole des irakiens et, accessoirement, pour consolider la sécurité des hordes sionistes que Saddam Hussein avait eu l’imprudence ou la bêtise de menacer en sachant que tout dictateur arabe qui menace les sionistes c’est comme s’il avait déclaré la guerre aux USA et à l’Europe de l’Ouest.

Le 5 Novembre 2010 Mahdi Hocine

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