Monday, November 19, 2018

Donald Trump : L'argent avant tout !

Pendant que le dictateur égyptien Abdelfatah Sissi arrête par dizaines des intellectuels et des avocats activant en faveur du respect des droits de l'homme et ne s'en cachent pas.
Pendant que la dictature sans visage algérienne persécute des journalistes, des blogueurs et des militants des droits de l'homme.
Pendant que l'armée du régime d'apartheid sioniste réprime sauvagement une manifestation de journalistes réunis du monde entier en Palestine.
Que se passe t-il ailleurs ?
Les gouvernants démocrates de l'Europe, des USA, du Canada, de l'Australie, regardent leurs nombrils et ne pensent qu'aux privilèges indus et aux gros contrats commerciaux qu'ils obtiendront malhonnêtement des dictateurs liberticides et affameurs.
Le silence des gouvernants démocrates et des médias de l'Occident est une marchandise semblable à l'armement que les dictateurs achètent à n'importe quel prix.
Quel est le dictateur Africain, Arabe, Maghrébin qui n'a pas acheté des dizaines de pages de publireportage aux journaux les plus influents en Europe, aux Usa, au Canada, au Japon en vue de se faire fabriquer une image mensongère d'homme d'Etat se consacrant à la prospérité de son pays et au bonheur du peuple ?
Mohamed Ben Salmane a versé des centaines de millions de dollars à des lobbys de l'image américains afin de séduire des sénateurs et des députés américains qui contrôlent les ventes d'armes aux dirigeants du Moyen-Orient. Cela malgré les relations d'amitié et d'affaires qui le lie à Jader Kushner, beau fils et principal conseiller du président américain actuel.
Les circonstances de l'inqualifiable assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi ont finalement dévoilé à l'opinion mondiale la nature criminelle des relations entre les gouvernants démocrates de l'Occident dit civilisé et les dictateurs Africains, Arabes et Maghrébins. 
Sans un iota de pudeur Donald Trump le crie sur les tous toits. Il l'a fait dans ses discours électoraux en Octobre et en Novembre 2018, appelant Mohamed Ben Salmane à verser des milliards de dollars s'il désire se maintenir sur le trône*. 
Ce vendredi, 16 novembre 2018, dans un entretien à Fox News, il a revendiqué son soutien au criminel Mohamed Ben Salmane qu'il considère comme un très précieux allié et un généreux client de l'industrie américaine de l'armement contribuant à la création de centaines de milliers d'emplois aux USA. Malgré l'évidence et un rapport de la CIA** il continue de nier toute implication de Mohamed Ben Salmane dans l'horrible assassinat du journaliste à l'intérieur du Consulat saoudien en Turquie.
En Europe ce sont Emmanuel Macron (France) et Thérésa May (Royaume uni) qui défendent le roi assassin par crainte de perdre des  contrats de ventes d'armes dont profiteraient la Chine et la Russie. 
Triste constat :
L'argent de l'Arabie Saoudite corrompt très facilement les dirigeants des plus grandes puissances militaires, économiques et technologiques de la planète.
Il corrompt également les gros médias dont le silence laisse des centaines de millions de citoyens dans l'ignorance de choses et d'événements qui les intéressent ou pourraient les intéresser.
Quant à Donald Trump et à Jader Kushner, leurs relations avec Mohamed Ben Salmane n'est qu'une sordide affaire de concussion en marge des intérêts des Etats.
Certainement, le Washington Post et le New York Times vont pousser leurs investigations jusqu'au bout. 
Trump n'aime pas la presse indépendante. Son immoralité le perdra. Là il va se régaler. Il ne pourra pas étouffer la Vérité. 

HOCINE MAHDI
Le 19 novembre 2018   
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*) Donald Trump au roi saoudien :-" Sans la protection de l'armée ton royaume ne tiendra pas douze minutes... Vous êtes riches, désormais vous devez payer."

**) Dans son rapport du 18 Novembre 2018 la CIA accuse Mohamed Ben Salmane d'être le commanditaire de l'assassinat du journaliste Khashoggi.      

Tuesday, November 13, 2018

La liberté d'expression :un crime de lèse-majesté !

Donald Trump, Thérésa May, Emmanuel Macron n'aiment pas la presse libre. Ils voudraient bien embastiller les journalistes qui dénoncent leurs compromissions, leurs magouilles politiques, leurs inconséquences et leurs abus mais ils n'ont pas ce pouvoir exorbitant que les monarques et les dictateurs du Tiers-Monde pratiquent chaque jour.
Ils voudraient bien supprimer de la constitution tous les articles qui garantissent les libertés fondamentales dont la liberté d'expression, l'indépendance de la presse et de la justice mais ils n'ont pas le pouvoir de toucher à la constitution sans l'aval des citoyens.
Ce n'est pas le cas des monarques du Moyen-Orient et des dictateurs du Tiers-Monde qui conçoivent des constitutions et des lois qui les placent au dessus de tout et de tous en leur délégant le droit de vie et de mort sur leurs concitoyens (leurs sujets). Un statut de Dieu sur terre qu'il faut adorer comme au Moyen Âge.
Mohamed Ben Salmane a accédé à ce statut inique grâce à l'aide de la CIA et de Donald Trump qui garantissent la pérennité du trône à la famille royale en Arabie saoudite, laquelle famille s'est diluée dans la géostratégie US en Orient.
Un bon monarque saoudien est celui qui "coopère" docilement avec Washington qui a les moyens de le destituer en douce ou de le faire assassiner par un membre de sa famille sans faire de vague. C'est la spécialité de la CIA au Moyen-Orient.
JAMAL kHASHOGGI est un épiphénomène dans le monde arabe. Je le découvre.
Il n'était pas un farouche opposant à la monarchie saoudienne. Il appartenait à la caste royale mais il nourrissait le rêve de voir que tous les citoyens arabes et maghrébins jouissent de la liberté d'expression, de la dignité citoyenne, du droit de contribuer à la construction de leurs pays. Il exerçait le métier de journaliste à Ryad. Ses écrits déplaisaient à Mohamed Ben Salmane. Se sentant en danger il avait fui le pays.
Des dizaines d'imams, de blogueurs, de journalistes, d'écrivains vivaient dans la crainte d'une arrestation parce qu'ils n'ont pas tressé des bouquets de louanges en l'honneur du nouveau roi. Très peu ont eu l'idée d'émigrer par mesure de sécurité. Ils sont tous en prison.
Installé au USA Khashoggi n'en continuait pas à écrire en toute liberté et à oeuvrer en vue de réaliser son rêve de voir tous les citoyens arabes jouir des libertés fondamentales dans leurs pays souverains. Or, Mohamed Ben Salmane ne voulait pas de cette révolution dans son pays. Il avait décidé d'éliminer le journaliste frondeur qui avait violemment critiqué sa décision d'offrir la Palestine à Netanyahu. 
Quarante jours après son ignoble assassinat Khashoggi occupe encore la première page des principaux journaux aux USA grâce au Washington Post. Nous n'avons jamais vu l'assassinat d'un journaliste occuper pendant si longtemps la presse.
Une explication à cela.
Donald Trump, Benjamin Netanyahu, Thérésa May et Emmanuel Macron tiennent absolument à épargner la destitution à Mohamed Ben Salmane qui est le commanditaire de l'assassinat du journaliste. Leurs arguments sont immoraux : des contrats de ventes d'armes d'une valeur de plusieurs milliards de dollars. La Justice ne mérite pas un tel sacrifice à cause de la mort d'un gratte-papier. Ben Salmane ne doit pas être impliqué dans le crime.
De son côté, le président turque Tayyp Erdogan veut que toute la vérité sur le crime et ses mobiles soit dite et que Justice soit faite dans toute sa plénitude. 
La direction du Washington Post s'est fixée le même objectif par principes. 
Nous assistons à l'affrontement de l'immoralité politique contre des principes intellectuels. 
Donald Trump, Benjamin Netanyahu, Thérésa May et Emmanuel Macron ont en main tous les éléments d'enquête qui incriminent Mohamed Ben Salmane en tant que commanditaire du crime et il chargent le roi criminel d'ordonner une enquête crédible sur l'assassinat de Khashoggi.
C'est ubuesque.
C'est immoral.
C'est la mauvaise raison d'Etat.

HOCINE MAHDI      
Le 13 novembre 2018

Thursday, September 13, 2018

Madame Maurice Audin gagne son combat

Massu, Bigeard, Le Pen, Aussaresses, de Gaulle au cours de la bataille d'Alger : 
C'était l'horreur absolue en vue d'anéantir tous les Algériens et les Français qui revendiquaient l'indépendance de l'Algérie et avaient pris les armés contre l'une des armées les plus puissantes du monde.
Le médecin Chaulet, l'ouvrier Iveton, le mathématicien Audin... 
Des centaines de Français, du professeur à l'ouvrier (y compris des militaires) avaient pris les armes contre le système colonial en Algérie face aux exterminateurs Massu, Bigeard, Le Pen, Aussaresses dont la mission était de liquider tous les insurgés ainsi que tous leurs sympathisants. L'Etat Français avait mis tous les moyens de destruction massive à leur disposition, y compris le napalm et des lois d'exception qui furent votées par un gouvernement socialiste qui ne voulait plus entendre parler de l'indépendance de l'Algérie.
Les pleins pouvoirs... Tous les pouvoirs policiers et judiciaires furent transférés à une armée de revanchards français qui venaient de subir une humiliante défaite au Vietnam. Dès lors, il fallait s'attendre à toutes les espèces d'exactions contre un peuple qui luttait contre l'occupation de son pays pendant plus d'un siècle.
Torture, exécutions sommaires, liquidations extra-judiciaires, destruction de plusieurs centaines de villages, usage d'armes de destruction massive qui étaient interdites par toutes les Conventions internationales. 
Hideux visage du colonialisme français.
Maurice Audin s'était engagé contre le système colonial avec la conviction de servir une cause juste.
Soixante ans après sa disparition la présidence Française reconnait qu'il a été torturé et assassiné par l'armée française sur ordre du pouvoir politique de la république française. Elle savait cela mais elle voulait la reconnaissance officielle de ce crime par l'Etat Français.
Madame Audin a dit qu'elle avait écrit à tous les présidents de la république Français. Aucun ne lui a répondu. 
Enfin elle vient d'arracher les aveux de l'Etat.
A présent elle pense à toutes les femmes et à tous les hommes qui ont disparu dans les mêmes conditions que son mari à cause de leur engagement pour l'indépendance de l'Algérie.
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Hocine Mahdi
Le 13 septembre 2014
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 Une confession posthume du général Aussaresses, enregistrée par le journaliste Jean-Charles Deniau et diffusée en 2014, un an après la mort du général. 
"-On a tué Audin, y affirme-t-il d’une voix nerveuse. On l’a tué au couteau pour faire croire que c’était les Arabes qui l’avaient tué. Voilà. 
"- Qui c’est qui a décidé de ça ? 
- C’est moi."  

Thursday, March 22, 2018

Le journalisme manipulateur

Les éditorialistes de la presse de la droite s'alignent docilement derrière Christian Jacob et Gérard Lartcher,celui du Figaro en tête, en vue de discréditer les enquêteurs anti corruption qui s'acharneraient contre Nicolas Sarkozy.
Nous pouvons dire qu'Ivan Irioufol est dans son rôle.
Il s'est déjà illustré dans l'affaire Fillon en accusant les juges de s'acharner contre un innocent que les Français auraient élu à la place de Macron si le Parquet n'avait pas déclenché les poursuites judiciaires en pleine campagne électorale.
Or c'était sur la demande du truand à col blanc François Fillon que les procédures ont été accélérées. Comme le tiers des députés et le président du Sénat français Gérard Larcher magouillaient sans être inquiétés par Dame JUSTICE il se croyait aussi honnête que le général de Gaulle, donc irréprochable, voire exemplaire.
Ivan Irioufol semble aimer que son pays soit dirigé par des politiciens malhonnêtes.
A t-il jamais dénoncé les magouilleurs de la droite dont il connait parfaitement les "indélicatesses" qui sont similaires à celles de Fillon, de Gérard Larcher et des époux Balkani ?
Que des politiciens de la mouvance les Républicains soutiennent leur ancien patron, qu'il soit coupable ou non, c'est logique. Mais que des journalistes de renom se glissent au niveau des laudateurs et des propagandistes, cela ne se justifie en aucun cas.
Des magistrats sous influence, des magistrats qui détestent Sarkozy qui les avait humiliés quand il était Président de la République ou se posait en monarque d'une France soumise à ses caprices, il en existe certainement.
Mais le langage d'Ivan Irioufol n'est pas neutre, il est assimilable à une agression contre le magistrat Tournaire à qui il reproche d'être proche du syndicat de la magistrature.
De toute façon il sera impossible de fournir des preuves de corruption contre Sarkozy. C'est un avocat d'une intelligence diabolique. Les porteurs de valises ne lui remettaient pas directement l'argent et l'approchaient rarement. A moins d'aveux tardiifs* Brice Hortefeux, Claude Guéant et d'autres intermédiaires payeront à sa place.
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HOCINE MAHDI
.....LE 22 Mars 2018
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NB :
Mise en examen de Nicolas Sarkozy le 21 mars 2018.
Chefs d'inculpation : corruption passive, financement illégal de campagne électorale et recel de fonds publics libyens. 
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*) La police a les moyens d'obtenir des aveux des suspects mais elle ne les utilisent contre les gros requins

Thursday, February 15, 2018

L'incroyable chute de Mugabe et de Zuma

Le malheur de l'Afrique vient des révolutionnaires qui ont contribué à la décolonisation ou conduit la lutte de l'indépendance mais, une fois celle-ci acquise, s'emparent du pouvoir, s'entourent de pillards et de tortionnaires et reconduisent les méthodes répressives de l'ancienne puissance occupante en vue de mourir sur le trône.
Mugabe, 25 ans de pouvoir sans partage, était un roi sans couronne mais il se prenait pour le Dieu adoré du Zimbabwe. 
Il se croyait, se prétendait plus fort que Jésus Christ et disait que seul le Dieu des chrétiens était en mesure de le détrôner.
A l'âge de 93 ans il destitue son futur successeur pour permettre à son épouse chérie de s'asseoir sur le dos du peuple Zimbabwéen.   
Un artisan de l'indépendance qui accapare tous les pouvoirs dans son pays et désigne son remplaçant avant de mourir dans le déshonneur, presque tous les pays Africains souffrent de ce malheur après la décolonisation. 
Mugabe sera un terrible dictateur grâce à son fils spirituel Mnangagwa qui exterminera 20.000 citoyens d'une ethnie rivale qui se croyaient en capacité de lui barrer la route de la présidence. 
Et ce sera ce fils spirituel qui le détrônera et prendra sa place sans tirer un coup de feu.
Jacob Zuma, compagnon de lutte de Mandela, dix ans de prison sous le régime de l'apartheid fera la même chose en Afrique du Sud.
Après la démission du seul président africain qui a cédé le pouvoir à la fin de son premier mandat, le traître Zuma s'empare de la présidence. Au bout de neuf ans de gouvernance mafieuse la majorité des militants de l'ANC exige son départ.
Il refuse de partir.
Deux mois d'âpres négociations. Malgré des centaines de dossiers judiciaires contre lui et sa famille il envisage de se représenter aux élections prochaines en 2019.
Hier, le 14 fevrier 2018, se croyant intouchable il s'obstinait dans son refus de céder le trône.
Dans la même journée, le procureur perquisitionne la maison d'un milliardaire très lié à la famille Zuma et gros corrupteur.
En fin de soirée Jabob Zuma annonce sa démission via la télévision.
Lamentable fin de règne d'un traître qui a sali la mémoire de Mandela en se prostituant avec les pillards de sa nation qui ont aggravé la pauvreté dans le pays le plus riche d'AFRIQUE en ressources naturelles.
Un coup d'Etat propre mené par les militants de son propre parti politique et le Procureur...
Pas une goutte de sang.
Pas un coup de feu.
Pas un coup de matraque.
Cela donne un grand espoir aux citoyens africains qui sont écrasés par des dictatures militaires.
Au suivant !
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Hocine Mahdi
.Le 15 février 2018
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Wednesday, January 31, 2018

Nos rues, des dépotoirs !

 QUAND L"INCIVISME DES "ELUS' CONTAMINE LES CITOYENS ORDINAIRES


Titre censuré



Au départ j'avais choisi un titre ironique "France ya mon amour".
Au FLN ils sont scandalisés. Les censeurs bloquent l'imprimerie.
Je me présente au commissariat du Parti. Ils n'ont pas lu l'opuscule mais le titre leur reste au travers de la gorge.
Censure tellement idiote.


LIBERTé DE LA PRESSE

ALGERIE ACTUALITé : UN HEBDO EN LIBERTé SURVEILLéE ET DES JOURNALISTES INDOCILES MALGRé LA BRUTALITé DE LA DRS  ?
APRES L'ASSASSINAT "D'ALGER RéPUBLICAIN" CE FUT UNE EXPéRIENCE UNIQUE SOUS LE REGNE DE LA PENSéE UNIQUE ET INIQUE QUI SE RéINSTALLE SOUS FAKHAMATOUHOU GRÂCE A LA COALITION FLN-RND.

ARTICLE ALGERIE ACTUALITé  (décembre 1983)



Sunday, December 31, 2017

Discours du président Macron un 8 mai 1945 s'il était Algérien



Chers concitoyens,
Mesdames, messieurs et vous jeunes filles, jeunes gens, enfants qui – pour prendre part à cette cérémonie commémorative aux côtés de vos camarades des établissements de Sétif, de Guelma, de Kherrata,  vous êtes venus de Touggourt, de Djelfa, d'Héliopolis, de Tindouf et de toutes les villes f'Algérie. c’est à vous que je m’adresse aujourd’hui.
Inévitablement le temps passe, les survivants du drame peu à peu se font rares.
Je salue avec respect et affection les survivants des massacres de Sétif, Guelma, kherrata dont certains sont ici parmi nous.
Je salue aussi les familles des victimes qui conservent gravé dans le cœur cette journée tragique. 
Voyez ces ruines qui sont derrière vous, déjà la pluie et le soleil après tant de décennies ont effacé les traces noires de l’incendie dévastateur. L’herbe a repoussé, l’impact des balles tirées ce jour-là sur les hommes, les femmes, les enfants, les vieillards s’est poli sur ces murs et se confond avec l’érosion de la pierre.
Il en va de même en ce qui concerne la mémoire, elle aussi forcément s’érode.
Ce qui se transmet risque de s’affadir, sans cesse nous devons raviver la flamme et lui redonner sens. 

C’est pourquoi j’ai voulu que vous soyez présents ici, présents aux côtés des enfants de Sétif, de Guelma, de Kherrata, vous, centaines d’enfants des écoles d'Algérie, pour que la mémoire soit transmise dans sa substance par la vision des ruines, des tombes, des noms.
Je sais que cette journée restera pour vous un moment singulier, parce que vous aurez vu ces lieux de vos yeux, parce que vous aurez serré la main des rescapés et discuté avec eux. C’est ainsi que se perpétue le fil de l’histoire. J’ai voulu que vous deveniez vous aussi des témoins.
Etre témoin c’est d’abord honorer la mémoire des victimes. Nous sommes ici pour pleurer les morts. Ils reposent derrière moi. 
 Nous leur offrirons l’hommage et le souvenir de toute la nation.
Ce soir, revenus dans vos familles, vous raconterez cette journée.  Et plusieurs années après, vous vous souviendrez de ces visages comme on se souvient de ses contemporains, et vous les ferez revivre.
Quelques noms de ceux qui se sont tus pour toujours le 8 mai 1945 résonneront par votre bouche, dans des endroits d'Algérie où jamais ils n'avaient été prononcés. Par vous, ils vivront.
Ce soir vous serez des témoins et vous serez devenus à votre tour des passeurs. Mais vous serez bien plus encore, car Sétif, Guelma, Kherrata ce n'est pas seulement un drame,  ce n’est pas seulement une épouvantable tragédie. Sétif, Guelma, Kherrata représentent un scandale, un scandale absolu.
Sétif, Guelma, Kherrata, ce 8 mai 1945, c'était l'Algérie. La journée avait commencé comme celle d’aujourd’hui. Le ciel était merveilleusement bleu.
Il faisait beau. Des dizaines d'hommes étaient réunis pour saluer la victoire des alliés et la libération de l'Europe dont la France où nos enfants, nos frères, nos parents avaient combattu les hordes nazis aux côtés des Français, des anglais et des américains. 

Nul ne pressentais alors l'orage d'acier et de feu qui allait déferler, nul ne se doutait que les quartiers de Sétif, Guelma, Kherrata allaient être jonchées de cadavres d'innocents et que de nombreux villages ne deviendraient plus que des champs de ruines, calcinés, envahis par l'odeur de la mort.
45.000 hommes, femmes, enfants, vieillards furent fusillés, décapités, estropiés, brûlés, grillés dans des fours à chaux. 

Leurs cris d'épouvante et de douleur s'entendirent à plusieurs kilomètres à la ronde.

Parce que c'était Sétif, Guelma, Kherrata, parce que ce furent ces femmes et ces enfants, parce que ce furent ces vieillards et ces hommes dans la force de l'âge, parce que le supplice fut si sauvage, si radical, si ignoble, c’est l'Algérie colonisée ce jour-là qui fut frappée au cœur.

Ce n'était pas le premier et ce ne sera pas le dernier massacre visant les Algériens qui osaient prononcer le mot sacrilège "Indépendance". La république française, première puissance européenne usurpatrice en Afrique, ne supportait pas que les peuples qu'elle dominait aient l'outrecuidance de réclamer des droits élémentaires. 

C'était cela le visage hideux du système colonial français. 
Le massacre de Sétif, Guelma, Kherrata c'est le triomphe de l'arbitraire, c'est la cruauté sans partage, c'est la pitié oubliée, c'est la piété bafouée. 
Sétif, Guelma, Kherrata c'est la sauvagerie brutale, c'est l'appétit effréné du sang et de la mort.
Si le récit de ce massacre et la vue de ces ruines nous donnent encore aujourd’hui une indicible nausée, c'est parce que nous savons intimement, au creux de nos tripes, au cœur de notre conscience que ce qui se produisit ce jour-là est exactement ce que l'Algérie, l’Histoire de l'Algérie, les héros de l'Algérie ont toujours voulu combattre.
Le martyre de Sétif, Guelma, Kherrata concentre tous ce qui nous révulse, tout ce qui nous révolte. Il attente à des hommes, à des femmes, à des enfants, à des vieillards, mais il attente aussi à la conscience Algérienne, à la conscience humaine. C’est tout ce contre quoi nous avons bâti nos valeurs, notre culture, notre civilisation.
Notre conscience ici s'insurge parce qu'a été piétiné ce qui nous construit en profondeur, le respect de la vie humaine. Nous ne serions pas le peuple que nous sommes si nous ne donnions à l'autre un statut sacré. C'est parce que nous lui conférons cette dignité suprême que nous sommes soucieux collectivement de protéger, éduquer, soigner, secourir, défendre, aider l’autre.
L'Algérie est ce pays où depuis des siècles nous faisons de la vie de l'autre un sanctuaire : droit, justice, dignité sont le cœur de notre effort commun. Cet effort parfois échoue. L’Histoire en déjoue les intentions. Alors nous essayons encore. Nous y travaillons sans relâche.
Ce jour du 8 mai 1945, c'est tout ce que nous haïssons qui s’est abattu sur Sétif, Guelma, Kherrata et des dizaines de villages de l'Est algérien. La vie humaine fut comptée pour rien, l'innocence fut assassinée, la souffrance des victimes fit le plaisir des bourreaux. La mort devint un jeu, le néant un but.
« Plus jamais ça », ont crié des générations de survivants aux guerres atroces du XXème siècle ; « Plus jamais ça », ont crié les familles de Sétif, d'Alger, de Biskra, de Constantine, de Tamanrasset, de Tébessa, de Tlemcen, de tant d’autres lieux de supplices.

 « Plus jamais ça » ont clamé les rares rescapés des camps du Sahara.
Mais nous savons bien que tout recommence et que tout peut recommencer. Et ce sera votre responsabilité à vous jeunes gens de toujours y veiller, parce que jamais vous n'oublierez, parce que nous savons bien en effet qu'à nos portes cela continue. 

Nous aimerions pouvoir dire que désormais cela se passe loin de chez nous ou que cela n’advient plus, mais l'Irak détruit par les Américains, la Libye disloquée par la France, le Yémen martyrisé par la coalition Arabie saoudite-Emirats arabes unis-Bahreïn, la Palestine colonisée par des Américains et des Européens, aujourd'hui c'est  chez nous.
Et parfois c'est chez nous, au sein de nos populations et de nos territoires, que resurgit la bestialité infâme, celle-là même qui dévasta Sétif, Guelma, Kherrata. Les ruines de nos villes et de nos village ne font hélas pas rempart contre cette barbarie qui toujours couve; et pas davantage le visage des enfants suppliciés, martyrisés. Non, le seul rempart contre la folie meurtrière qui couve dans le cœur des hommes, c'est notre conscience et c'est notre exigence de chaque instant. C'est ce fil qui nous relie à chacun, à notre histoire, à notre humanité.
Nous venons ici la retremper à sa source. Ici notre conscience se fortifie parce qu'ici elle voit, elle sait, elle touche ce contre quoi elle se dresse. Ici, nous faisons provision d’indignation.
Je vous ai dit que ce soir vous seriez davantage que des témoins : j'aimerais que vous soyez devenus des consciences. Puisse cette journée vous rappeler sans cesse que la paix, le respect, la tolérance, l’humanité ne sont jamais acquis. Ce sont des gains fragiles sur la violence et le néant. Vous en êtes les dépositaires, prenez en soin.
Le monde est instable, il est dangereux. Il l’était en 1830 et il l’est encore aujourd'hui. La barbarie, dès qu'elle le peut, se reforme et son visage ne change pas. Il est toujours celui de la sauvagerie, se dissimulant derrière un idéal dévoyé, brandissant des étendards sanglants et se ruant vers la mort et la destruction sans jamais en être rassasiée. Car le monde toujours éprouve notre conscience ; elle est notre seul recours. Rendons-la forte, rendons-la vigilante, rendons-la intransigeante.
Ne supportons pas que soit attaqué ou repris un seul des espaces conquis par nos luttes communes. N'acceptons pas que les fruits de nos victoires qui s'appellent République, démocratie, droit de l’homme et du citoyen, qui s’appellent liberté, paix, justice soient menacés ou contestés par les apôtres du néant, fanatiques en tous genres, extrémistes de toutes figures.
Tous ceux qui pour défendre une cause nient l'humanité de l’autre sont dans l’erreur, car nous sommes tous enracinés dans notre humanité. Il n'est pas de cause qui vaille si elle oublie cela.
Il est des mots aujourd'hui en Algérie dont certains moquent l’innocence un peu naïve : humanisme, tolérance, bienveillance, espérance, revendiquez-les, défendez-les, faites-en vos drapeaux contre les drapeaux sanglants et le relativisme corrosif dont notre monde souffre tant.
Tout ne se vaut pas. La parole des rescapés de Sétif, Guelma, Kherrata pèse plus qu'une autre. C'est cela être une conscience et c'est cela ce à quoi aussi, notre école doit veiller. 
Se souvenir ce n'est pas seulement se rendre dans des lieux de pèlerinage indiqués par les professeurs ou les guides touristiques. C'est vouloir comprendre pourquoi nous sommes là. C’est saisir ce qui nous lie et qui nous unit. C’est revivre ce que nous avons affronté, surmonté, vaincu pour être ce que nous sommes redevenus après une longue nuit coloniale de près d'un siècle et demi : une nation.
C'est aussi percevoir le sens qu'il y a à poursuivre cet immense projet, cette merveilleuse ambition qu'on appelle l'Algérie. Oui, le monde est complexe, comprenez-le, soyez à la hauteur de ce qu'il exige de vous et soyez exigeants avec lui. Ouvrez-vous à lui, n’en ayez pas peur. Apprenez à l’aimer mais aussi à le changer. C'est à cela que sert l'éducation. Elle arme votre conscience contre les tentations mauvaises, la passivité morale et fait de vous des citoyens qui sauront opposer à tous les Sétif, les Guelma, les Kerrata le goût inépuisable de la vie et de l’avenir. 
Ici, on dirait que le cri des martyrs ne s'est jamais tu. 

Ecoutez. 

Passant devant les décombres, on croit voir encore se dessiner leurs silhouettes égarées. Regardez. Et pourtant, grâce à la fidélité des familles un miracle s'est produit. Sur les maisons, les noms des morts ont fleuri. Des livres sont écrits qui racontent la vie humble et douce des habitants. Sur le visage photographié des victimes on aperçoit un sourire, on lit une insouciance. La vie à la fin l'emporte.
Les bourreaux ne sont plus. Ils n'ont même plus de nom. La honte et l’oubli les ont recouverts et les Algériens ont adopté les martyrs de Sétif, Kherrata, Guelma. Ils les ont accueillis dans cette grande famille qu'est notre mémoire nationale. Ils y vivent désormais respectés, honorés, aimés. Ici se sont noués tant de drames, des mémoires des familles et des martyrs jusqu'aux mémoires des malgré-nous, à toutes celles et ceux qui ont tressé ce drame Algérien et ce drame de l'Humanité, nous devons penser.
Le scandale de Sétif, Guelma, Kerrata comme d'autres balafres sur le visage de l'Algérie cimente notre peuple, parce qu'il démontre que nous savons – malgré l’horreur, malgré la barbarie, malgré les fautes, celles des autres mais les nôtres aussi – tenir ensemble debout, capables d'unité et capables aussi de pardon.
Les familles de Sétif, de Guelma, de Kherrata furent longues à pardonner comme le furent toutes les familles de suppliciés.

La soif de réconciliation ne saurait être le premier mouvement des victimes. 

Il faut d'abord que justice soit faite, nous avons appris cela, parfois par l'échec. 

La justice progresse aussi par la mobilisation des consciences, elle est à hauteur d’homme ; et lorsqu’elle est rendue, la paix peut revenir.
Alors surgissent les bonnes volontés qu'anime un farouche désir de vérité, de justice et enfin de concorde. C'est cela la République, car nous feront ici la concorde. 
Jeunes filles, jeunes gens, les enfants, ce soir dans vos familles vous rapporterez le souvenir de ce martyre et ses enseignements. Vous ne serez plus les même. Mais vous rapporterez aussi, je l'espère, le goût et l'énergie d'édifier sur ses ruines encore chaudes un monde meilleur, de défendre, dans ce monde qui vacille, qui parfois doute, qui aujourd'hui encore trébuche, cette histoire dans laquelle se trouve notre destin, de défendre nos libertés toujours, les droits pour lesquels nos aïeux se sont battus et sont tombés, de défendre la sève de la République Algérienne.
Car en oubliant, en décidant de ne plus nous souvenir ou de ne plus nous battre, nous prendrions ce risque, immensément coupables de répéter l'histoire. Je n’ai pour ma part qu’une seule tâche, une seule mission : de toutes mes forces vous aider à y parvenir. Vous en rendre capables.
Vive la République.
Vive l'Algérie

Gloire à nos martyrs
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Discours d'Emmanuel Macron, président virtuel de la république algérienne souveraine à la cérémonie commémorative des massacres du 8 mai 1945 en Algérie.
Discours du 10 juin 2017 à Oradour-sur-Glane adapté à l'Algérie par Mahdi Hocine 
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Le 31 décembre 2017
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