Thursday, July 17, 2008

Lettre d’un citoyen ordinaire : Quand l’injustice persécute l’honnêteté

Lettre d’un citoyen ordinaire

Quand l’injustice persécute l’honnêteté

Répondez-nous Monsieur le Président !

C’était un beau matin de Novembre, journée printanière en ce dernier virage d’un automne incertain marqué d’un grand désordre social et d’une sourde désespérance qui en rajoutent au marasme général. Désespérance engendrée par l’incompétence, l’archaïsme et l’infantilisme de la classe politique et des décideurs dont certains sont « cloués » au koursi depuis 1962 et ne veulent pas admettre qu’ils rendraient un grand service à la nation s’ils auraient la dignité de se retirer.
L’étalage du kiosque à journaux accroche l’œil. En parcourant les premières pages nous sommes étonnés par l’annonce de l’ouverture très proche du procès des magistrats faussaires. En fait il s’agissait d’un jeu de mots attrape-nigauds dont les rédactions en chef abusent à l’effet de capter l’attention des lecteurs algériens en attente de bonnes nouvelles …
Bonnes nouvelles dans le sens où un gros titre, barrant sur trois lignes la première page d’un quotidien régional, semblait suggérer un sursaut d’honneur très tardif de la magistrature nationale. Ce qui aurait été une réaction logique des juges aux déclarations inopportunes, voire insultantes à leur égard, de Chérif Abbas.
Celui-ci, en qualité de ministre des anciens moudjahidin mais se prenant pour le procureur de la république avait outrepassé ses prérogatives. C’est le moins que nous puissions penser. Car, selon la loi algérienne, Chérif Abbas n’a pas la compétence de garantir l’impunité judiciaire aux magistrats faussaires. Sauf en cas d’une décision politique émanant de l’autorité suprême de l’Etat.
Au delà de la solidarité corporative qui détourne certains fonctionnaires de la justice de leur noble mission, celle de protéger la nation et le citoyen en plaçant la loi au dessus de tous et de toutes les considérations extrajudiciaires, les tentations de déviation sont nombreuses et très fortes quand la moralité et la compétence ne constituent pas des critères de promotion dans un corps de métier aussi sensible.
Le ministre Chérif Abbas aura ainsi créé publiquement un fâcheux précédent, tout en reconnaissant l’existence de dix-mille faux Moudjahidin titulaires d’une vraie attestation communale obtenue grâce aux faux témoignages de vrais Moudjahidin …
Dix-mille faussaires !
N’est-ce pas une énormité qui conforte le citoyen ordinaire dans ses croyances et ses défiances. Surtout à l’égard de l’Etat.
A savoir : 

L’indépendance de la justice en Algérie n’est qu’un leurre …
Un gros mensonge politique à répétition… 

Une insulte à l’intelligence citoyenne…
Après quinze années de silence convenu et délibéré un Ministre avoue publiquement détenir dix-mille dossiers de faussaires. Le minimum qu’il lui reste à faire c’est de démissionner. Il devient lui-même justiciable. La pudeur et le sens de l’honneur interdisant à un Moudjahid de conviction de se taire pendant si longtemps sur le crime de trahison.
Chérif Abbas était membre et secrétaire général de l’Organisation Nationale des anciens Moudjahidin avant d’accéder au poste de Ministre.
Ce qui aggrave son cas.
A ce niveau de la hiérarchie son rôle n’étant pas de protéger des criminels en se substituant à la justice mais de laisser à chacun d’assumer ses responsabilités.
Sous un deuxième angle de lecture les déclarations de Chérif Abbas vont à contre-courant de tous les efforts et des considérables dépenses consentis dans une campagne de propagande étatique vantant les principes constitutionnels de la séparation des pouvoirs judiciaires et politiques. 

Publicité on ne peut plus mensongère. 
De toutes les manières le citoyen ordinaire n’y a jamais cru. Tout naïf qu’il soit il n’est pas prêt de gober que, sous le système politique hybride actuel , des juges jouiront d’une mince marge de liberté de conscience quand des barons du sérail ou leurs protégés sont impliqués dans des crimes de droit commun. Sauf, bien entendu, dans les périodes des purges politiques et des actions ponctuelles de « moralisation » téléguidées comme en connaissent toutes les dictatures populistes dés que les rapports de force au sommet basculent en faveur d’un clan. 
C’est imprévisible et violent comme tout ce que font les dictateurs. 
En Algérie cela avait commencé par le fratricide de l’été 1962, puis le coup d’Etat de Ben Bella contre Benkhedda et la confiscation de la souveraineté citoyenne, ensuite la destitution de Benbella par Boumediene avant le Chadlisme débridé qui avait préparé le lit à tous les désordres, à tous les extrémismes sous des slogans inoubliables comme ‘’ Pour une vie meilleure’’ dans une période où l’Algérie était sous hypothèque du FMI, du club de Paris, de la Banque Mondiale et autres usuriers de la finance internationale.
La suite n’est pas moins dramatique :
Le « chahut » de gamins en 1988, le viol de la constitution en 1990, l’assassinat de Boudiaf en 1992, enfin le règne de la terreur, de la mafia et de la misère à cause d’un multipartisme au garde-à-vous et vorace attiré par… le partage de la rente et les privilèges du système de cooptation.
Trop récent le procès de Khalifa Bank nous a fourni le plus mauvais exemple d’une justice sous pression en la personne d’une présidente de Cour qui ne se sentait pas le droit de faire son travail…
Le droit de rechercher la vérité au delà de ce qui a été décidé par des magistrats couchés de la chambre de mise en accusation.
Pourtant la loi l’autorise, l’incite même à diligenter des enquêtes complémentaires en vue d’aboutir à des verdicts équitables.
Nous avons fait un douloureux constat. Des juges qui se vantent de jouir de toutes les libertés et qui pratiquent la justice des deux poids - cent mesures, en s’excusant presque auprès du public et parfois en reconnaissant implicitement qu’ils ont une ligne rouge à ne pas franchir. 

Les audiences où de hauts responsables avouent publiquement leur culpabilité et repartent tranquillement chez eux, est-ce le signe rassurant de l’exercice d’une justice indépendante ? Que des aveux si graves ne mènent pas leurs auteurs à une inculpation circonstanciée et à un jugement, c’est une violation publique et flagrante par les magistrats (sous pression !) des lois de la République qu’ils sont tenus de défendre et d'appliquer sans discrimination aucune à l’égard de tous les mis en cause dans n'importe quelle affaire.
Mme Brahimi et son équipe ne nous contrediront pas si elles maîtrisent les procédures pénales et judiciaires.
Pire.

Les responsables en question, coupables avérés, continuent d’exercer leurs fonctions dans les hautes sphères ministérielles, administratives, électives, syndicales du pays.
Où est donc l’indépendance dont se prévalaient les juges de Blida ?
Et ce n’est pas un précédent.
Nous en avons vu d’autres dont le plus révoltant est lié à la personnalité haïssable de l’ancien premier ministre Ouyahia qui, après avoir lancé son opération tape-à-l’œil « mains propres », fut convoqué en qualité de témoin au tribunal de Annaba.
Des dizaines de cadres gestionnaires incarcérés. Tous n’étaient pas irréprochables, peut-être à cause de l’article 12O qui puisait de préférence dans la catégorie des cadres médiocres et dociles qu’il récompensait d’une certaine manière en fermant les yeux sur leurs petites et grosses magouilles, la docilité étant le principal critère du système de cooptation. Mais la toute puissance de l’Etat, en la personne de Ouyahia, les avait accusés de divers crimes sans présenter des preuves exploitables par la justice contre eux.
Purge aveugle découlant d’une décision politique boiteuse qui rappelle l’inénarrable lutte contre les fléaux sociaux d’un Chadli Bendjedid fraîchement intronisé empereur d’une dictature à visage « humain ». 

Spectacle désolant d’un système politique qui s’obstine à regarder en arrière et à ignorer les convulsions sociales et les revendications d’une société mature qui désire s’impliquer dans le choix et dans la construction de son avenir.
Purge aveugle, découlant d’une décision politique boiteuse qui a brisé des dizaines de familles et provoqué la mort d’un cadre en prison. Tout cela avec la complicité de magistrats politisés, dociles et incompétents qui ont été incapables de ficeler des dossiers pour justifier l’inculpation et la détention préventive des « coupables » présumés.
A la barre du tribunal l’Ouyahia national reconnaitra sans se faire prier qu’il s’agissait de brimade. Son exclamation restera un point noir dans les annales judiciaires du pays :
- Hada dolme ! (C’est une brimade, c’est un abus d’autorité !)
Lui, l’instigateur de l’opération « mains propres » s’accusait en pleine audience du tribunal d’avoir exercé des brimades (dolme) contre des gestionnaires.
Il s’était accusé sans s’en rendre compte. Bien sûr, il n’était plus chef de gouvernement au moment où se déroulait le procès. Mais les magistrats n’avaient pas eu le courage de lui rappeler son rôle de destructeur qui s’était servi de l’appareil judiciaire pour démanteler le secteur productif en diabolisant des cadres qui en assuraient le fonctionnement minimum sans être libres d’exercer et d’assumer pleinement leurs responsabilités de gestionnaires. C’était pour plaire au FMI.
Et pour plaire au FMI il fallait se montrer plus ultralibéral que les Américains qui ont le patriotisme de protéger leur agriculture et leur industrie créatrices de richesses et d’emplois EN AGGRAVANT le chômage et la misère dans les pays sous-développés.
C’était un beau matin de Novembre. 

Journée printanière en ce dernier virage d’un automne incertain, marqué d’un grand désordre social et d’une sourde désespérance qui en rajoutent au marasme général. Désespérance engendrée par l’incompétence, l’archaïsme et l’infantilisme de la classe politique et des décideurs dont certains (beaucoup devrais-je écrire) sont cloués au Koursi depuis 1962 et ne veulent pas admettre qu’ils rendront un inestimable service à la nation s’ils auront la dignité de se retirer.
Nous achetons le journal. Nous l’ouvrons. L’information ne correspond pas à ce que disait le gros titre en ouverture.
Mauvaise nouvelle.
Le procès annoncé pour le 26 Novembre 2007 ne sera pas celui des magistrats faussaires. 

Ceux- ci demeureront encore pendant très longtemps au dessus de la loi, intouchables.
Des barons du système en ont décidé ainsi. N’en déplaise aux légalistes.
Le 26 Novembre 2007 sera jugé Mellouk Benyoucef ; ce fonctionnaire consciencieux qui a révélé quelques petites vérités. Envers et contre tous il avait soulevé le couvercle de l’un des puits les plus secrets des magouilles politiques alors que tous les barons et les nervis du sérail avaient la certitude qu’aucun commis de l’Etat au niveau d’un ministère n’oserait porter à la connaissance du petit peuple un trafic au relent d’une haute trahison.
Le 26 Novembre 2007 l’honnête Mellouk Benyoucef se retrouvera, une fois de plus, confronté à ses persécuteurs, aux chasseurs de sorcières.
Son crime : 

Avoir brisé le silence sur des traîtres tapis en divers endroits des sphères politiques, judiciaires, administratives économiques syndicales, associatives, culturelles du pays. Des traîtres et des trafiquants, en amont et en aval, protégés par des réseaux de corruption au sein d’un pouvoir à plusieurs têtes.
Le 26 Novembre 2007 un ancien Moudjahid de la première heure (???) qui fut ministre des anciens Moudjahidin, Mohamed Djeghaba, sera l’accusateur contre un ancien Moudjahid, Mellouk Benyoucef, qui a dénoncé de faux Moudjahidin.
Quelle situation paradoxale !
La logique de toutes les logiques supposerait (exigerait) que l’ancien ministre des anciens Moudjahidin qui serait un vrai Moudjahid de la première heure, Mohamed Djeghaba, fût la première autorité morale et politique à soutenir l’action solitaire de salubrité engagée par le fidèle patriote Mellouk Benyoucef.
Mais dans notre beau pays éclaté les femmes et les hommes qui font usage des vocables « logiquement » ou « normalement » sont regardés comme des martiens, considérés comme des attardés mentaux, traités comme des rescapés de l’Âge de pierre.
Le 26 Novembre 2007 l’homme de conviction, Mellouk Benyoucef, se retrouvera, une fois de plus, traqué par les chasseurs de « sorcières » qui ne lui pardonneront jamais d’avoir été dans son travail plus sérieux qu’il ne l’est permis en haut-lieu où tout ce qui est demandé au commis de l’Etat est de ne pas réfléchir, de ne pas chercher à comprendre, d’obéir , de se taire, d’applaudir, de manger comme un goinfre, d’être servile, bête, discipliné, sans conviction , sans conscience. Ce qui l’autorise automatiquement d’être malhonnête, nageur en eau trouble, mafioso, magouilleur, dévergondé, milliardaire, au dessus des lois, intouchable…
Le 26 Novembre 2007 un ancien Moudjahid de la première heure (???) qui fut ministre de l’intérieur, Mohamed Salah Mohammadi, sera le deuxième accusateur contre l’ancien Moudjahid Mellouk Benyoucef qui n’a pas voulu que des Mounafikine, des traîtres, des faux témoins et des faussaires souillent la noble qualité de combattant de la liberté.
Quelle situation paradoxale !
La logique de toutes les logiques supposerait (exigerait) que l’ancien ministre de l’intérieur fût le plus farouche défenseur de l’action solitaire de salubrité engagée par l’honnête commis de l’Etat à qui sa hiérarchie avait confié la charge de contrôler des dossiers administratifs et qui avait fait correctement son travail .
Mais dans notre pays très mal gouverné les femmes et les hommes qui sont efficaces, qui font correctement leur travail sont honnis, rejetés, clochardisé, persécutés, traînés devant les tribunaux, condamnés par des juges assermentés*.
Une expression populaire circule dans l’espace maghrébin. Malheureusement cette expression s’applique à tout notre continent et au monde arabo-musulman :
- En Algérie léfhel (l’étalon) on le castre.
En 1992 Mellouk Benyoucef, honnête citoyen et fonctionnaire irréprochable, fut jeté à la rue puis incarcéré comme un vulgaire criminel de droit commun. De notre point de vue il méritait (il mérite toujours) la médaille du mérite et la légion d’honneur pour son civisme, son courage, son abnégation et sa fidélité aux valeurs de Novembre 1954. Très peu parmi ceux qui ont été décorés par vous et par vos prédécesseurs peuvent se prévaloir d’être demeurés autant que lui fidèles à ces valeurs.
De l’indépendance à ce jour le système politique algérien a broyé , clochardisé et exilé des centaines de Mellouk , de Mentouri, de Mahmoudi qui se sont révoltés contre le mensonge politique, la trahison l’escroquerie morale, la fourberie, la falsification de l’histoire …

*Voir le cas Benbitour, Mentouri, Benachenou entre bien d’autres.
Après quinze ans de silence convenu voici que le nouveau ministre des anciens Moudjahidin, Chérif Abbas, se voit contraint d’avouer l’existence de dix-mille faussaires en s’empressant d’écarter l’éventualité d’une action de justice contre eux . 

Sans honte. 
Des trafiquants et des manipulateurs de la mémoire soustraits à la justice par un ancien moudjahid (?) de la première heure, n’est-ce pas une autre trahison ?
Que cache cette immunité inconcevable pour un esprit sain ?
Nous suggérons une piste en espérant qu’elle soit fausse.
Un procès contre les magistrats faussaires contraindra les juges d’instruction d’ouvrir un dossier plus explosif : celui des faux témoins qui sont de vrais Moudjahidin pris dans le tourbillon du trafic d’influence, de la corruption et du syndrome du mercenariat. 

En vendant à vil prix leur honneur ces faux témoins ont piétiné la mémoire de leurs compagnons d’armes tombés au combat anticolonialiste.
Y a-t-il plus haute trahison ?
En avouant l’existence de dix mille-faux Moudjahidin Chérif Abbas a disculpé Mellouk tout en attirant l’attention sur trente-mille faux témoins impunis puisque la validation d’une attestation communale exige trois témoignages signés par trois anciens Moudjahidin reconnus par l'ONM. 

Ceci si nous nous en tiendrons au chiffre insignifiant de dix-mille faussaires recensés par le ministre. Chiffre insignifiant par rapport à la réalité.
Comme Mellouk Benyoucef, aucun Moudjahid de conviction ne supportera de voir la noble qualité d’anticolonialiste négociée sous la table comme une marchandise de contrebande.
Nous vous posons une question sans détour, monsieur le président.
Au cours de votre premier mandat présidentiel Mellouk Benyoucef avait contacté les services de la présidence en vue d’obtenir votre arbitrage. 

Qu’est-ce qui a motivé votre mutisme sur un dossier aussi brûlant ?
Un dossier qui révèle une criminelle instrumentalisation de la mémoire collective, éclabousse l’autorité morale de l’Etat et confirme l’asservissement de la justice par les rentiers du système. Pourquoi les services de la présidence avaient-ils exigé de lui de leur remettre les originaux des dossiers qu’il détenait pour se protéger contre les ennemis de la vérité qui l’auraient liquidé physiquement depuis longtemps ?
Un jour nous avons vu des photographies et des séquences filmées où, fier comme un coq, Abdelmoumen Khalifa plastronnait à vos côtés avant et après que vous l’ayez élevé au niveau des hauts dignitaires de la nation.
Nous avions imaginé les mêmes photographies et les mêmes séquences filmées. Mais à la place de l’escroc de bas étage et vil serviteur de la mafia politico-financière algérienne il y avait des femmes et des hommes qui furent persécutés par les barons du système rentiers. Des hommes et des femmes de conviction qui furent clochardisés, exclus, exilés, torturés pour avoir commis le crime de rester honnêtes et fidèles aux vrais valeurs de Novembre, de dénoncer l’incurie et la trahison, de se révolter contre la mauvaise gouvernance, l’archaïsme et le pillage, de militer pour un Etat de droit et du Savoir.
Boudiaf l’aurait fait.
Pas vous, car vous êtes trop attiré par le clinquant, par l’accessoire malgré votre expérience politique.
Dans votre dernier discours vous avez reproché aux jeunes de s’être écartés des valeurs de Novembre.
Qui leur a inculqué ces valeurs ?
Tous les Algériens nés après l’indépendance ont eu le malheur de fréquenter une école qui leur a enseigné une histoire tronquée, peu exaltante, pendant que d’autres circuits d’information leur présentaient d’autres visions plus crédibles.
Pour eux, en 1962 des Moudjahidin ont assassiné d’autres Moudjahidin uniquement pour le Koursi.
Pour eux la guerre du Koursi se poursuit à ce jour et les condamne à vivre en marge de l’existence.
Pour ces jeunes, dont vous semblez méconnaître ou négliger sciemment les aspirations, les valeurs de Novembre c'est la liberté, c'est la participation à la construction du pays, c’est un travail, un logement décent, une justice équitable, la sécurité, des élus qui sont comptables de leurs crimes et méfaits devant les électeurs et devant la justice.
Et parce qu’ils n’ont pas eu tout cela, ils ne rêvent plus que de quitter le pays de n'importe quelle manière, même en prenant le risque de mourir en mer.
Hasard du calendrier, entre votre discours et le voyage de Sarkozy à Constantine, des milliers de jeunes ont profité d’un match de foot pour répondre à leur manière à vos propos qui éludent les vrais problèmes.
C’était le 22 Novembre 2007.
Pendant le déroulement de la rencontre sportive et après la sortie du stade, en présence des forces de l’ordre, des agents de sécurité, des journalistes et de monsieur tout le monde. Un défilé en apparence festif à travers les principales artères de la ville de Constantine mais la virulence des slogans scandés à tue-tête exprime haine et rejet à l’égard de la classe dirigeante en ciblant votre personne qui symbolise à leurs yeux l’Etat de non droit et le mauvais père qui s’empiffre dans les hôtels super luxe et laisse ses enfants sans un quignon de pain.
La décence nous interdit de rependre ici le couplet chanté par des milliers de jeunes qui ont appris à contourner les règles étouffantes de l’état d’urgence. Nous en tirons la conclusion qu’ils vous accusent de les avoir abandonnés à eux-mêmes comme un mauvais père. Ils accusent Sarkozy d’ajouter à leur malheur en fermant les frontières de la France où ils pensent avoir une chance sur deux d’accéder à la dignité humaine par le travail.
Que répondrez-vous à ces jeunes qui sont prêts à n’importe quel sacrifice pour quitter le pays où ils se sentent inutiles, écrasés, indésirables, méprisés, de trop ?
Suffit-il de les nourrir de discours que contredisent leur vécu au quotidien, leur désarroi, leur grande misère morale ?
Suffit-il de leur faire chanter Kassaman que des traîtres ont plus d’une fois tronqué, castré, parce que l’ancienne puissance coloniale ne supporte plus d’être citée dans un couplet pour ses crimes abjects, crimes contre l’humanité dont elle tire gloire et fierté et qu’elle désire effacer de notre mémoire en les requalifiant d’actes civilisateurs (voir la loi du 23 février 2005 qui a été voté sous la pression de Zarkozy par calcul électoraliste).
Suffit-il de mettre en doute leur patriotisme après leur avoir enseigné une Histoire falsifiée, orientée, peu crédible ?
Qu’avez-vous à leur proposer dans l’immédiat pour qu’ils puissent admettre que leur avenir et l’avenir de leur pays sont liés alors qu’ils subissent une cruelle ségrégation quand ils réclament un droit des plus élémentaires ?
Ils ont en tête l’image d’une Algérie où les hommes qui ont les capacités de construire sont tenus à l’écart des centres de projection, de réflexion et décision. 

Qu’avez-vous fait pour changer cette noire image qui les révolte ?
Dans des pays où des dizaines de Mellouk, de Benachenou, de Benbitour et de Mentouri sont relégués sur des voies de garage parce qu’ils n’obéissent pas à des injonctions nuisibles à l’intérêt national, l’espoir d’un avenir motivant restera toujours une utopie.
Dans un pays où des milliers de médiocres, de khobzistes, d’escrocs accèdent très facilement à des responsabilités administratives, politiques, économiques, culturelles, syndicales pour sévir, se servir et se servir encore et encore, l’espoir d’un avenir motivant restera toujours très loin.
Or, les jeunes et les citoyens ordinaires ont de la gouvernance en Algérie cette image haïssable. Image qui est confortée par des ministres incompétents qui mentent au peuple et qui s’accusent las uns les autres pour fuir leurs responsabilités… Image qui est confortée par vos colères exprimées publiquement contre les malfaçons, les mauvaises réalisations, le gaspillage des deniers de l’Etat mais qui n’ont aucun effet sur la mauvaise gouvernance parce que les institutions de contrôle et de protection des biens de l’Etat sont parasitées et paralysées par l’incompétence et l’absence d’une volonté politique de combattre l’archaïsme, l’infantilisme et la malhonnêteté dans les sphères du pouvoir.
C’est ce qui pousse les jeunes à fuir le pays par haine et par peur du système.
Vous avez l’exécrable habitude de commencer votre discours par des analyses indiscutables et de l’achever par des accusations contre les victimes d’une politique à courte vue.
Essayez donc de marquer un arrêt et de faire un bilan de conscience.
Pourquoi les hommes honnêtes comme Mellouk et Mentouri sont jetés en prison, écartés, écrasés, tandis que les médiocres et les malhonnêtes sont chouchoutés ?
Pourquoi l’Europe, l’Amérique, l’Australie et le Canada s’ouvrent-ils généreusement aux compétences qui sont marginalisées en Algérie ?
Pourquoi en dépit des liquidités considérables dont nous disposons la classe dirigeante n’est-elle pas en mesure de répondre aux attentes élémentaires d’une nation en plein désarroi ?
Pourquoi le fisc et les magistrats ne se sentent ni le devoir ni le droit d’engager des procédures contre l’enrichissement sans cause qu’étalent les criminels à « col blanc » aux yeux de tous ? MAIS EN MÊME TEMPS ils s’acharnent sur les petits délinquants nés d’un système politique inéquitable qui n’a pas cherché à instaurer les équilibres qui sont indispensables à toutes les sociétés en construction ?
Vous suffit-il de vous mettre publiquement en colère et d’accuser les autres pour avoir la conscience tranquille et la satisfaction DU DEVOIR ACCOMPLI ?
Aux yeux de tous vous incarnez le pouvoir et ses démembrements souterrains et visibles. 

Vous êtes responsable de tout ce que font les hommes à qui vous avez accordé votre confiance.
Mais vous ne voulez pas admettre cette évidence.
La violence des jeunes c’est la réponse à vos accusations injustes.
Vos accusations injustes qui éludent les vrais problèmes sont la source de nos inquiétudes pour l’avenir du pays car, présentement, tous les ingrédients d’une puissante déflagration sont réunis.
Les citoyens étouffent. 

N’importe quel prétexte donnera aux manipulateurs de tous poils et aux opportunistes la chance d’exploiter leur désarroi et d’embraser les villes. 
Et ce sera pire qu’en 1988.

MAHDI HOCINE

Sunday, March 16, 2008

La route qui tue 3 morts, 20 blessés à Constantine


La route qui tue
3 morts, 20 blessés pour une rotation de plus
Hier, en début d’après-midi, entre le Khroub et Aïn S’mara le chauffeur d’un autobus n’avait qu’un souci : gagner quelques minutes sur des concurrents pour arriver au terminus. Aussi, il avait perdu de vue qu’en négociant un virage dangereux pour dépasser une voiture, il jouait avec la vie des passagers et sa propre vie. Gagner une rotation qui aurait rapporté à peine mille dinars à son patron en sacrifiant les passagers, serait-il devenu un jeu ? 3 morts et 20 blessés dont 4 gravement en plus du bus en piteux état. Nous posons cette question parce que la vitesse et le souci de rentabilité sont devenus le sport de quelques chauffeurs du transport urbain et suburbain. Surtout entre 11 h et 16 h, instant de basse fréquentation sur certaines lignes en aller et en retour (Khroub, Aïn S’mara, Didouche-Mourad, Hamma Bouziane). Malgré la vétusté des routes de la wilaya de Constantine mal faites et non conformes à la réglementation, les conducteurs ne craignent pas de prendre des risques (dépassement dangereux, pneus lisses, freins incertains). Nous étions des usagers de ces cercueils roulants. Heureusement que la régie municipale a repris ses activités. Ce qui donne le choix aux passagers pour se détourner des chauffeurs qui se font la concurrence pour une rotation de plus.
M. H.

Constantine / Journée nationale des handicapés «Mon frère me bat, mon père se délecte de ma douleur»



Constantine / Journée nationale des handicapés
«Mon frère me bat, mon père se délecte de ma douleur»
En m’installant dans un coin de la salle d’attente d’un service social de l’APC de Constantine, je me suis retrouvé témoin d’une discussion bouleversante. Témoin involontaire. Le hasard en a décidé ainsi. C’était jour de fête… Ce devait être un jour de fête en l’honneur de tous les handicapés d’Algérie. J’attendais un responsable pour en parler avec lui et recueillir quelques informations. Mais les propos que j’ai entendus sans le vouloir sont révélateurs de l’insuffisance des actions qui sont entreprises par les autorités locales et les associations en faveur de cette catégorie de citoyens.
La douleur n’est ni visible ni audible. Les souffrances morales sont insupportables d’autant plus qu’elles sont internes et pernicieuses à l’image d’un virus. La dignité de l’être humain exige de souffrir jusqu’à la limite, sans gémir, discrètement. Mais la peur également. Deux femmes handicapées étaient assises près de moi, l’une, une sexagénaire, l’autre, âgée entre 35 et 40 ans. La première écoutait. La plus jeune se confiait avec un grand dégoût pour la vie et pour les hommes. Elle avait le visage tuméfié, des bleus aux jambes et aux bras. Elle a parlé de bosses et de plaies à la tête. Témoin involontaire d’une souffrance indicible ma conscience ne me permet pas de garder le silence. Par contre, elle m’autorise à ne dire que l’essentiel, la discussion entre deux femmes qui semblaient avoir décidé de faire abstraction de ma présence mérite une halte.
- Il a 20 ans mon frère. Quand il me bat, mon père savoure le spectacle.
- Est-ce l’enfant de la deuxième épouse ?
- Non. Nous avons germé dans le même ventre.
- Pourquoi il vous bat ?
- Pour rien… Pourquoi mon père ne me protège pas ?
- C’est la question qui me tourmente. Je crois que je suis de trop à la maison. Je n’ai pas eu la chance de mourir… J’ai décidé d’aller vivre à Diar errahma, loin de Constantine… Mon père n’aura plus le plaisir de me voir me tortiller sous les coups de son fils. Les deux femmes sont des handicapées. Ma présence dans la salle était motivée par des obligations d’ordre professionnel. Cette bouleversante scène, brève mais très significative, nous oriente vers des questions auxquelles nous ne pensons pas parce qu’il ne nous viendra jamais à l’esprit l’idée qu’un jeune homme martyriserait sa sœur aînée handicapée avec le consentement de son père qui ressent du plaisir ou laisse faire. C’est trop monstrueux. Croire ou douter n’est pas le problème. Il y a tellement de choses inimaginables qui arrivent autour de nous. Ces confidences ont le mérite de mettre en exergue l’inexistence de cellules d’écoute et de soutien psychologique dans l’organigramme des services sociaux des APC et autres établissements qui sont chargés des problèmes des handicapés. Une femme qui est martyrisée au sein de sa famille ne se plaindra pas aux autorités, mais elle parlera facilement à des femmes qui sauront la rassurer, la soutenir et la protéger. Des cellules d’écoute sont aussi nécessaires que les centres de soins. Il y a tellement de souffrances cachées que nous ne soupçonnons pas !
Par Mehdi Hocine


14 mars à Constantine

Les handicapés en fête ?

En prélude à la célébration annuelle de la Journée des handicapés qui a eu lieu le 14 mars, la direction des affaires sociales n’a pas lésiné sur les moyens à l’effet de démontrer qu’elle est sensible aux problèmes des citoyens qui ont des besoins spécifiques. Conférence, spectacle musical, exposition, distribution de tricycles, de chaises roulantes, de diplômes et de nouvelles… promesses qui s’ajoutent à celles qui ont été faites l’année dernière à la même occasion et à la même tribune et qui sont restées des… promesses. A ce propos, la fête organisée hier au centre culturel Malek-Haddad a brillé par le boycott des non-voyants. «Ne pas servir d’alibi au gaspillage des deniers publics fait en leurs noms… Eux qui ne perçoivent que 1 000 DA par mois, malgré l’engagement du ministre, Djamel Ould Abbas, de revaloriser leur pension et celle des malades chroniques non salariés. Engagement pris en 2006 et 2007». Les non-voyants posent une question pertinente : «Quel sens donner à la célébration d’une Journée des handicapés si les conditions de vie se détériorent de jour en jour, malgré les dépenses assez conséquentes consenties par l’Etat ?» Les fêtes et les réceptions dévorent une bonne partie du budget qui devrait être entièrement consacré aux équipements et à une réelle assistance aux plus démunis. Le versement d’une pension mensuelle de mille dinars étant considéré comme une insulte à la dignité humaine. Nous retenons de cette manifestation les efforts des techniciens de l’Office de fabrication d’appareillage pour handicapés. Ils enregistrent une très forte demande en bras et jambes artificiels. Pour le reste, à parler franchement, c’est une «zerda» où ne se régaleront que les opportunistes. Comme toujours.
Mehdi Hocine


Sunday, March 09, 2008

Constantine La neige c’est beau, c’est dur


En décembre, les gens sont sorties légèrement vêtues, en juin ils circulaient emmitouflés dans de lourds manteaux. Constantine du 21e siècle a appris à vivre au rythme des sautes d’humeur des saisons qui jouent à saute-mouton. Ne boudons pas notre plaisir. Hier seulement, des agriculteurs se lamentaient. Aujourd’hui, ils se montrent plus optimistes. Les épis de blé ne seront pas à cent grains l’un. Mais ils donneront une récolte moyenne. C’est mieux que ce que tout le monde craignait avant cette tempête de neige si généreuse en eau. Ce matin, les enfants émerveillés sont sortis très tôt pour se rouler et gambader sur une neige vierge et cotonneuse. Ils sont déjà certains que les enseignantes seront absentes. La peur d’être bombardé par des jeunes misogynes ou masochistes qui mettent à l’intérieur des boules de neige des lames de rasoir, des bris de verre et des pierres, est suffisante pour justifier l’absence. C’est malheureux, mais nous avons vu à l’hôpital beaucoup de blessés dont une fille avec un œil crevé par une boule de… neige à la tempête précédente. Pour les travailleurs, la journée, a très mal commencé. Les bus sont paralysés tandis que les chauffeurs de taxi, agréés et clandestins, roulent des épaules. La nouvelle ville Ali Mendjli est isolée. Plus de cent minutes en voiture pour couvrir une très courte distance. Aussi, les épiciers qui vendent du pain affichent la mine des mauvais jours. Le pain est un produit d’appel. Quand il est disponible dans l’épicerie, les clients affluent et achètent beaucoup de choses avec le pain. Mais ce matin, les livreurs n’ont pas pu venir. Les routes menant vers Ali Mendjli n’ont pas été débloquées par les services de la voirie de l’APC. Ce qui fait que les boulangers de Zouaghi et du Khroub n’ont pas pu livrer le pain comme d’habitude. Comme de nombreux salariés n’ont pu se rendre à leur travail. Il a suffit que la neige couvre la ville et que l’APC tarde un peu à dégager les routes principales pour que des problèmes, risibles en d’autres temps, surgissent. Chaque fois ils reviennent avec la neige, perturbations du transport, pénuries de denrées de premières nécessité, pannes d’électricité, accidents stupides. Pourtant, nous ne sommes plus à l’âge des cavernes. Voici des décennies que l’homme moderne a appris à anticiper et prévenir, autant que faire se peut, les inconvénients dus aux intempéries et à l’enneigement qui sont annoncés à l’avance. Avant, chaque foyer disposait d’un petit stock de ravitaillement en prévision du mauvais temps et des impondérables. Aujourd’hui, quel est le salarié moyen ou petit qui peut épargner de quoi acheter un sac de semoule, un bidon d’huile et autres denrées essentielles pour affronter les rigueurs de l’hiver ? La faiblesse du pouvoir d’achat, l’inflation galopante et la spéculation mafieuse ne permettent qu’aux trabendistes et aux «élus» de se prémunir contre les mauvais jours. Quand les services de l’APC ne font pas leur travail au moment voulu, non, imposé par des circonstances données, la vie du citoyen se complique sérieusement. Les petits bobos deviennent très vite de graves problèmes. A quoi servent les «élus» s’ils ne sont pas capables d’épargner les complications aux citoyens dont les conditions de vie sont déjà assez compliquées.
La neige c’est beau, mais quand les autorités au niveau local ne mesurent pas l’importance de leurs responsabilités, la neige devient une dure épreuve pour les citoyens ordinaires.
Par Mehdi Hocine

Thursday, February 28, 2008

Les ravages de la rumeur à Constantine L’ophtalmologue de Daksi toujours vivant




C'est à la mi-février 2008 que les Constantinois ont appris avec consternation la nouvelle de l'assassinat du médecin très connu dans plusieurs wilayas de l'Est et du Sud.
Ce jour-là, tôt le matin, les discussions allaient bon train sur le sujet. Dans les bus, dans les cafés, dans les hôpitaux et les cliniques, à l’université, on se posait des questions sur le mobile ou les mobiles du meurtre. Plus inquiétant, d’un côté les journaux se taisent, de l’autre côté des médecins amplifient la rumeur macabre comme le démontre une gérante d’un salon de coiffure pour dames qui jure par tous les saints qu’un chirurgien lui a téléphoné (le 18 février) pour lui raconter les détails de l’horrible assassinat.
Comment et pourquoi est née cette rumeur qui continue de circuler à ce jour ? L’homme ciblé est un oiseau rarissime au sein de la corporation des médecins. Spécialiste des maladies et chirurgie des yeux, M. Benchikha Ali est le plus pauvre de ses confrères. Son cabinet se trouve à Daksi. Chez lui, les malades paient cent vingt dinars pour une consultation. Or, les autres ophtalmologues encaissent entre huit cents et mille deux cents dinars pour le même acte. C’est ce qui fait sa réputation à l’Est et au Sud du pays. D’ailleurs, dès que la nouvelle de son assassinat a commencé à circuler, des centaines de familles ont envahi le domicile de ses parents pour présenter leurs condoléances. Personnellement, j’étais intrigué par le rôle des médecins et des paramédicaux dans l’amplification de la rumeur morbide. Pour essayer de comprendre, je me suis rendu au cabinet du «défunt» le 19 février 2008. Il était 14h. Une dame qui habite le même immeuble, revenant du marché, m’apprend que l’ophtalmologue n’a pas été égorgé, mais que je devais patienter une trentaine de minutes.
On dirait qu’elle était informée du but de ma visite. Pourtant, je n’en avais parlé à personne. Même pas à mon rédacteur en chef. Cette rumeur a tellement perturbé de pauvres citoyens. J’ai senti que je devais en parler. Je n’attends pas. Je frappe à la porte. Le médecin ouvre immédiatement, un casse-croûte à la main. Croyant avoir affaire à un malade, il m’indique la direction de la salle d’attente. J’ai répondu par une plaisanterie : «Je suis venu vous accompagner à votre dernière demeure». Il rit de bon cœur. «Vous n’êtes pas le seul, cette semaine a été infernale. On vient me voir et on me téléphone de partout». Après les présentations d’usage, je le questionne : «Votre temps est très précieux, ne tournons pas autour du pot. Une rumeur de mauvais goût amplifiée par les médecins et le personnel paramédical, pour quelle raison ? C’est anormal». M. Ali Benchikha me répond : «Je payerai très cher pour le savoir. Il ne peut y avoir que de la jalousie derrière ce coup». Cette réponse me semble illogique. Elle ne me convainc pas. «Vous êtes le praticien libéral le plus pauvre de Constantine. Des généralistes du service public gagnent plus confortablement leur vie que vous. Vos tarifs sont tellement dérisoires qu’aucun de vos confrères n’a envie de se trouver dans votre situation. D’où viendrait cette jalousie ?» Le médecin rit comme si ma question lui semblait naïve ou venir de quelqu’un qui ne vit pas en Algérie. «C’est justement ce qui dérange. Mon tarif fait jaser tout le monde. Beaucoup croient que c’est ma mère qui m’aurait arraché le serment de ne jamais augmenter mes honoraires. D’autres prétendent que c’est mon grand-père. La vérité est plus simple. Je respecte la loi. J’applique le tarif sur lequel la CNAS se base pour le remboursement de l’acte du médecin. Je n’ai pas le courage de tricher pour me construire des palais en exploitant les souffrances des malades. Je suis pauvre mais je respecte la loi et je ne vole pas mes malades. J’ai la conscience en paix. Peu de médecins libéraux peuvent en dire autant. Cette rumeur vous a-t-elle causé des problèmes ? Pas à moi. A des centaines de malades oui. Des douars, de Biskra, de Batna, de Skikda, d’un peu partout, ils se sont déplacés pour présenter leurs condoléances à ma famille et ils sont repartis heureux de m’avoir vu vivant. Les désagréments du voyage précipité et les lourdes dépenses inhérentes à la visite d’une famille en deuil…. Vous êtes honnête, tout le monde vous respecte, c’est cela la vraie richesse. Pauvre, mais respecté, aimé, parce que je ne suis pas un voleur. Que puis-je rêver de plus ?» Triste réalité. Il n’y a qu’en Algérie où les cadres honnêtes vivent dans la pauvreté. Pour la petite histoire, voici une dizaine d’années, la même rumeur avait ciblé la chanteuse chaba Yamina. Des dizaines de familles s’étaient rendues à son domicile pour assister aux obsèques.
Comment naissent et se propagent les rumeurs morbides qui prennent très vite l’aspect de vérité ? Le mystère reste entier. Ce matin, en ville, on parlait encore de l’assassinat de l’ophtalmologue.
Par Mehdi Hocine

Haut
El Djebbas
Deux cents familles dans l’obscurité
Cela fait presque un mois que les habitants d’El Djebbas, sont privés d’électricité. Le câble principal d’alimentation du village a été sectionné sur une longueur de plus de mille mètres. Le préjudice est estimé à trois millions de dinars. Les ateliers sont paralysés, les écoliers font leurs devoirs à la chiche lumière d’une bougie tandis que les chefs de famille n’arrêtent pas de courir d’une administration à l’autre pour le rétablissement du courant. A Constantine, le vol des câbles électriques et des couvercles des avaloirs alimenterait exclusivement les exportateurs des matières recyclables (cuisine, fonte, fer, aluminium). Du fait que la surveillance dans ce domaine est impossible, les voleurs et les receleurs sont rarement identifiés ou appréhendés. Aussi, ils opèrent en toute quiétude.
Mehdi Hocine

HISTOIRE : Le Saviez-vous Mr. François Hollande ?

En 1947, des parlementaires algériens et français  dénonçaient le colonialisme en l'assimilant au nazisme.

François Hollande doit ignorer la teneur de ce débat tenu en plein Paris deux années après les massacres de Sétif, Guelma, Kherrata qui ont signé la condamnation à mort du colonialisme en Afrique. 

Va t-il reconnaitre les crimes de l'Etat français et de son système colonial ? 

Le débat a eu l'effet d'une grosse déflagration au Palais Bourbon. 

Des parlementaires indigènes musulmans rêvaient de voir l’Algérie rattachée définitivement à la France qu’ils avaient servie corps et âme. Ils aimaient la France mais ils semblaient s'être rendus compte tardivement que les colons européens, chrétiens et juifs, étaient les forces productives sur lesquels s’appuyait la République française pour asseoir définitivement sa domination sur le pays.
Le système des deux collèges était une réplique de l’apartheid en Afrique de Sud et aux USA.
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(reprise le 28 juillet 2012)

Par Mahdi Hocine

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                                                                   Introduction

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En 1947, la population algérienne était composée de huit millions d'indigènes, de deux cents mille Français et de huit cents mille Européens de diverses nationalités (surtout des Italiens et des Espagnols).
Le premier collège regroupait les français, les Européens et quelques indigènes qui ont démontré leur amour pour la France.
Le second collège rassemblait les indigènes.
C’était un peu le tri hitlérien entre la race supérieure et les races inférieures.
Aux élections la voix d’un Européen valait celles de dix électeurs indigènes. 
M. Bentaleb était soldat, gendarme, caïd, conseiller général et enfin parlementaire, successivement. Une belle carrière en somme d’un indigène francophile promu au premier collège. Que lui est-il arrivé pour que, malgré tous les privilèges dont il bénéficiait, il ait tenu au Palais Bourbon un langage vraiment révolutionnaire pour l’époque ?
C’était en 1947 au cours du débat houleux sur le statut organique de l’Algérie.
Déroutant !
Il a tenu presque le même langage revendicatif que les indépendantistes, mettant à nu le système colonial et ses injustices, dénonçant le racisme, l’absence de démocratie et d’égalité des droits et des devoirs des citoyens en Algérie où les indigènes étaient tenus à l’écart de tout.
Nous croyons qu’un élément très fort a brutalement éveillé les consciences aussi bien chez les Algériens qui se croyaient intégrés que chez des Européens. Ce sont les massacres du 8 mai 1945 et les discriminations qui ont fait apparaître le visage hideux du colonialisme.
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                                         Intervention du député Bentaleb

Au moment où M. Edouard Herriot invite à la tribune le député assimilé franco musulman, M. Bentaleb, les ultras de l’Algérie française rigolaient entre eux. Un caïd à leurs yeux, c’est un béni oui-oui toujours au garde-à-vous qui tient le langage que lui dictent ses maîtres.
Il est payé pour dire "vive la France, ma mère patrie la France" et il le dira, pensaient-ils béatement…
Mais cette fois-ci, d’entrée, l'intervention de l'indigène émancipé sentira le souffre et apportera de l’eau au moulin des anticolonialistes. Un réquisitoire inattendu prononcé d’une voix mesurée. Du fiel, de bout en bout, qui plongera le palais Bourbon dans une atmosphère de malaise et d'affrontement entre les partisans de l'Algérie française et les indépendantistes. Ceux-ci étaient à peine une dizaine de députés en majorité messalistes mais ils avaient brisé un tabou : à l'intérieur de l'hémicycle assimiler le système colonial français et ses méthodes au régime d'Hitler.
C'est une grosse bombe lancée à la figure de la République française à deux facettes : démocratique en France mais inégalitaire et racistes dans ses colonies africaines, asiatiques et d'ailleurs.
Bentaleb attaque d'emblée :  
 -"…l’Algérie est française et musulmane : quand vous parlez de l’Algérie française vous vexez les uns et les autres. Vous créez des divisions lorsque vous dites l’Algérie française ! Est-il besoin de crier si fort que l’Algérie est française. Personne n’a jamais dit le contraire. Vous savez, je ne suis ni messaliste ni partisan des amis du Manifeste. Je suis un fellah, un pur musulman, digne de ce nom, digne de ma race et qui aime la France…
  -"... Depuis cent ans, bien que nous représentions plus des trois cinquièmes de la population, nous sommes traités en inférieurs. Pourquoi avoir réservé la construction de routes goudronnées et d’écoles aux seuls centres de colonisation et n’avoir rien fait dans les tribus, dans les douars où nos populations sont totalement dépourvues d’instruction et ne connaissant pas cette belle langue française, cette belle culture, cette belle civilisation française qui fait notre admiration.
  -"...J’ai eu l’honneur de recevoir chez moi quatre députés, des membres du MRF et des communistes. Je leur ai montré que je n’exagère pas et je leur ai fait toucher du doigt la réalité :
Nos enfants nus, nos femmes sont dans l’impossibilité de se soigner et accouchent dans les plus pénibles conditions.
Nos vieillards sont sous alimentés.
90 pour cent des enfants musulmans n’ont jamais mangé de viande, sont nus et sans chaussures, n’ont jamais dormi sur un matelas.
L’Assemblée doit connaître toutes ces choses, il faut la mettre en face de la réalité.
Chez nous, il n’existe pas d’école. Trois millions d’enfants âgés de sept à dix huit ans sont privés de toute instruction. Je peux prouver qu’un million d’enfants sont sans scolarité.
C’est une honte pour nous de penser que trois millions d’enfants sont sans instruction. Il est en outre déplorable que quinze à vingt personnes couchent dans un gourbi, entassées comme des moutons les unes sur les autres, sans hygiène.
L’année dernière, nous avons perdu 15 à 25 pour cent de nos chefs de famille âgés de trente à quarante cinq ans. Ils ont laissé derrière eux un grand nombre d’orphelins. La plupart sont morts de paludisme sans qu’aucun secours ne leur ait été apporté. Il n’y a même pas des baraques pour servir de dispensaires dans nos campagnes et où l’on aurait permis de sauver quelques vies.
Il n’y a pas d’eau non plus, tout juste pour boire, pas du tout pour les soins hygiéniques.
Dans les tribus lointaines du sud les musulmans sont obligés de faire des étapes de vingt à trente kilomètres pour chercher de l’eau. S’ils peuvent en ramener une vingtaine de litres ils la conservent précieusement pour l’alimentation et ne s’en servent pas pour se laver.
Au nom de toutes ces populations dont l’état de misère est effroyable et dont le loyalisme à la France est absolu je déclare à l’Assemblée qu’il y a une œuvre urgente à accomplir en Algérie. L’équipement sanitaire est à faire, la scolarisation à développer, le téléphone à installer, l’habitat à améliorer.
C’est bien de proclamer que l’Algérie est française mais il vaudrait mieux lui apporter tout de suite les améliorations indispensables.
L’Algérie en est encore au stade de 1830.
Chaque fois que l’Allemagne a attaqué la France, celle-ci a procédé à la mobilisation générale et chaque fois les musulmans ont répondu à son appel et, avec l’aide de Dieu, ce déploiement de forces a connu le succès.
Monsieur Serre* a fait toute à l’heure un réquisitoire très sévère. Il a demandé que 200 000 européens viennent s’installer en Algérie.
Mais est-ce que vous êtes capables de nourrir d’abord les 8 000 000 de musulmans ?
Mais ne pensez-vous pas qu’ils serait préférable de commencer par améliorer la situation des huit millions de musulmans qui y vivent déjà ?
M. Bentaleb s’adresse à M. Serre :
-"D’après vos déclarations vous acceptez les Espagnols, les Italiens, les Maltais, les Grecs et les Israëlites et vous n’acceptez pas les Musulmans.
En 1870, vous avez accepté de donner la citoyenneté française aux israëlites. Vous l’avez ensuite accorder à des Maltais et à des Italiens…
Vous ne pouvez plus alors parler de démocratie..
Vous avez voté en 1946 une loi prévoyant que les Algériens titulaires du certificat d’études et les anciens combattants seraient (deviendraient) citoyens français.
Si vous reniez cette loi qui a été votée dans une Assemblée souveraine, nous considérons ce geste comme un acte de racisme.
Vous ne pouvez plus alors parler de démocratie si vous rejetez tout ce que vous avez promis, vous agissez comme les hitlériens.
La force n’est ni dans la bombe atomique ni dans les armes. Elle est dans la pensée et dans la volonté de chacun…
Le monde entier a détesté Hitler lorsqu’il a traité les petits peuples en races inférieures.
Qu’a fait Hitler ?
Il se croyait le plus puissant du monde, le plus grand ingénieur.
Il a voulu tout dominer, tout écraser.
Raciste dans l’âme. Il a  déshonoré les petites peuples.
Il a même refusé de leur donner le droit de parler.
Il a renié sa signature.
Et vous (la France) voudriez en faire autant ?
Vous demandez à la France de rétracter, de répudier ses engagements en abrogeant l’ordonnance du 7 mars 1944 et la loi du 5 octobre 1946, loi qui admettait dans le premier collège les jeunes musulmans titulaires du certificat d’études primaires ou ceux qui avaient le titre d’ancien combattant, les fils des mutilés, les unijambistes, les gueules cassées, les aveugles de guerres.
Rendez-nous nos morts, rendez leurs membres à ceux qui les ont perdus, rendez la vue à ceux qui l’ont perdue sur le champ de bataille des ennemis de la France et nous vous ferons cadeau du statut de l’Algérie.
M. Serre, si vous êtes capable de nous rendre nos morts, nous vous ferons cadeau du statut de l’Algérie mais tout ceci est de l’utopie et vous ne le pouvez pas.
Nous avons mélangé notre sang avec celui des vôtres. Des soldats musulmans ont porté sur leur dos des officiers français qui étaient restés étendus sur les champs de bataille ennemis.
Vous n’avez pas le droit de refuser ce que vous avez promis à ces anciens combattants, aux hommes de cette race glorieuse et courageuse. Car notre sang s’est mêlé à votre sang. Nous avons combattu côte à côte et vous ne pouvez nous chasser.
Vous ne pouvez nous chasser de vos rangs.
Vous ne pouvez pas, contre nous, vous servir de la bombe atomique, ni des armes secrètes, ni de la menace.
Toute notre vie nous avons crié et nous crierons  vive la France !
Nous regrettons les positions de nos collègues qui font des promesses et se rétractent, qui votent des lois et ne les appliquent pas. Ils font comme Hitler.
Ils ne nous donnent même pas la parole. Vous ne pouvez pas dédaigner notre race… Nous voulons être aux côtés de la France et sous sa protection…
Or, vous ne pouvez vraiment pas considérer que les voix de dix musulmans (autochtones) valent la voix d’un Français, un Maltais ou un Italien.
Nous musulmans, nous nous y refusons catégoriquement".
M. Serre interrompt l’orateur en piétinant l’usage qui veut que l’autorisation d’intervenir soit demandée au président de la séance ou à l’orateur. Sans le vouloir il confirme les accusations de Bentaleb concernant le racisme de la république française en Algérie :
«Il n’y a aucun étranger dans le premier collège. Il n’y a que des citoyens français
M. Bentaleb rétorque avec agacement !
 - Cela c’est la démagogie ! Vous n’êtes ni dans la logique ni dans la vérité…

M. Bentaleb marque un arrêt de quelques secondes puis sa voix gronde.C’est à la fois la colère et le dépit d’un homme qui a cru en la France et qui découvre soudain que la France voulait bien tout lui donner sur le plan du confort matériel mais ne pas en faire un citoyen de plein droit comme elle l’avait fait pour des Maltais, des Espagnols, des Italiens, des Polonais, des Allemands, des Belges, juifs et chrétiens, installés de fraîche date en terre algérienne pour occuper d’immenses territoires dont les propriétaires ont été soit exterminés, soit déportés, soit poussés vers l’exil au Moyen-Orient, soit asservis dans leurs propriétés.

Bentaleb s'exprime en élevant la voix :
-"Mon esprit se révolte quand je vois que mon fils qui a le certificat d’études ne vote pas avec moi. Mon fils s’est assis sur les mêmes bancs (de l'école) que ses frères français et aujourd’hui ses frères français vont voter dans un collège et lui dans un collège différent installé dans un wagon à bestiaux…
Si vraiment il existe une démocratie, une égalité, une fraternité – et j’emploie ces termes dans leurs sens plein et véritables – sans malentendu, sans erreurs, sans chantage ni pression d’aucune sorte vous ne pouvez pas admettre cette situation.
Et logiquement mon esprit se révolte lorsque je vois toutes ces races admises dans le collège français avant les musulmans…
Tant qu’il y aura deux collèges, tels que certains voudraient les concevoir, je me refuse à proclamer l’Algérie française.
Je parlerai d’Algérie musulmane avec 20% d’autres races parmi lesquelles une petite minorité de Français…
Voilà !
Réfléchissez et la justice de Dieu triomphera. Et un jour vous n’aurez rien à regretter. Car ce n’est pas avec la force des armes ni avec les bombes atomiques que les peuples peuvent vivre d’accord.
La raison et l’honneur doivent nous servir de guides pour gagner la paix et écarter la guerre…»

Fin de l'intervention du député musulman Bentaleb.
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Ainsi, en 1947, au palais Bourbon à Paris, un député indigène avait conseillé à l’Etat français de ne pas user de la répression, de la discrimination et de l’injustice contre les autochtones pour gagner la paix et écarter la menace de la guerre.  
Venant d’un «coopté» de l’administration, repu, bénéficiant de très larges privilèges pour son dévouement à la «mère patrie» la France, le conseil a amusé les colons.
Pourtant le mot guerre a jeté un froid glacial dans l’amphi.
Les parlementaires et les ministres français habitués aux courbettes des béni-oui-oui de service, ont accusé le coup.
Par son intervention d’une rare lucidité et d’un courage indéniable M. Bentaleb a eu le mérite de tenir un langage franc appuyé par des preuves indiscutables alors que son rôle dans l’hémicycle était de magnifier les «bienfaits» du colonialisme en Algérie.
Il n’avait pas revendiqué l’indépendance mais il avait laissé entendre qu’il prendrait les armes contre sa «mère patrie» la France si elle s’entêterait à maintenir les mesures d’exclusion qui frappaient les indigène.
- «Ce n’est pas avec la force des armes ni avec les bombes atomiques que les peuples peuvent vivre d’accord. La raison et l’honneur doivent nous servir de guides pour gagner la paix et écarter la guerre».
M. Bentaleb avait basculé ce jour-là dans le mouvement des indépendantistes sans s’en rendre compte.
En 2003 un député négationniste, Douste Blazy, avait fabriqué une loi  qui a fait du colonialisme une mission positive pour civiliser des peuples sauvages.
Que n’a t-il pas eu l’intelligence d’analyser le cri de révolte du député algérien, dont le fils votait dans un wagon à bestiaux, réservé exclusivement aux indigènes, des sous-humains indignes d'accéder à la citoyenneté française ?
Dix voix d’Algériens ne valaient qu’une seule voix d’un électeur français ou français d’adoption importé d’Europe pour piller les richesses du peuple algérien.
Plus d’un siècle après l’invasion.
En 1947.
Et il a l’indécence de parler d’effet positif du colonialisme en Algérie.
Oui, le colonialisme a été positif uniquement pour les envahisseurs qui ont réduit en esclavage les Algériens sur leurs propres lopins de terre.
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                      Intervention d'un député français, M. André Marty.

C’est au tour d’un député français de prendre la parole. Il avait entrepris un voyage d’études en prévision du débat sur le projet du statut organique de l’Algérie. C’était une véritable enquête sur le terrain. Son rapport est accablant. Il se résume en une phrase :
Le système colonial est un crime contre l’humanité.
Le député, M. André Marty réclame la fin du colonialisme qui est en contradiction avec tous les principes républicains de 1789, selon lui.
Ecoutons-le parler de ce qu’il a vu en 1947 en Algérie :
- "Ce qui frappe le visiteur qui arrive en Algérie c’est la misère épouvantable qui étreint la grande majorité de la population. Sur toutes les routes on rencontre les travailleurs, leurs femmes, leurs enfants misérables, pieds nus, grelottant l’hiver sous des vêtements en loques et une enfance à peine vêtue de hardes. Les logements sont en terre battue dans lesquels sont entassés des familles de 8, 10 et 12 enfants. Autour des villes on trouve ce que l’on appelle les bidonvilles, c’est-à-dire des baraques bâties avec des boîtes de conserves, des toiles de sacs et des morceaux de planche, sans eau, sans égout.
Naturellement la tuberculose, la typhoïde, les maladies contagieuses font des ravages effroyables. Quant au trachome, les quelques médecins ophtalmologistes qui vivent en Algérie ne connaissent jamais de repos : de 5 heures du matin à 10 heures du soir ce sont des files interminables d’aveugles qui s’allongent devant leurs portes.
Dans les grandes villes l’eau manque. Oran en est toujours à l’eau salée. En six ans il n’a pas encore été possible d’y amener de l’eau douce.
Pour les fellahs : pas de maisons, pas de routes, pas d’assistance sociale.
Quant aux ouvriers des villes : les lois françaises ne leur sont applicables que dans les conditions spéciales et on trouve, par exemple, des mineurs comme ceux du Ouled Amar qui sont obligés, pour se rendre à leur travail, de faire dix kilomètres à pied matin et soir et de traverser une rivière à gué et,  quand elle est en crue, à la nage.
Or tout près de la mine on trouve des maisonnettes inhabitées mais qui ne sont pas réservées aux musulmans.
Quant aux salaires : le tarif syndical serait de 210 francs mais les ouvriers touchent 141 francs et personne ne les protège.
Si nous passons à l’enseignement point n’est besoin de beaucoup insister. On l’a dit : plus d’un million d’enfants musulmans ne savent ni lire ni écrire. Le bénéfice de l’éducation est donné à peu près à 153 000 enfants. On comprend les conséquences d’un tel état des choses.
Le voyageur qui traverse Alger, pour ne pas aller plus loin, est assailli d’essaims d’enfants en loques qui mendient et se battent pour un morceau de pain.
Quant aux hommes : c’est la ruée vers les navires pour venir en France de manière à gagner un peu d’argent pour envoyer à leurs familles.
Un peuple qui s’expatrie, qui abandonne sa famille pour gagner de l’argent est un peuple malheureux.
Nous avons vu, nous Français qui avons été amenés par les circonstances à passer quelques temps en Algérie, des malheureux qui vont tous les matins fouiller dans les poubelles pour trouver à manger. Alors que dans les mêmes rues, le soir, s’étale le luxe le plus scandaleux qu’on ait jamais vu.
Rue d’Isly, rue Michelet, les magasins sont archi-pleins depuis un an et demi, mieux garnis que les magasins même de Paris. Ils sont éclairés au néon. Tout ce qu’on désire on peut l’obtenir en vente libre…
On comprend très bien alors la raison de la misère de la population algérienne.
Comment s’étonner que dans de telles conditions les populations algériennes soient soulevées d’un mécontentement profond et d’une juste aspiration à une vie digne d’être vécue ?
D’autant plus qu’on leur a promis cette vie durant la grande guerre contre le fascisme allemand à laquelle ils ont participé et qu’ils ont vu en Europe, au cours de la guerre, d’autres peuples, d’autres modes de vie.
Par conséquent il faut déterminer les causes d’une telle situation et les remèdes à y apporter. Je le ferai naturellement très brièvement pour ne pas abuser des instants de l’assemblée.
Le problème, vous le comprenez bien, est de nourrir, de vêtir, de loger, de soigner, d’instruire, d’élever ce peuple …
Or, depuis la guerre, le niveau de vie des populations algériennes est allé s’amenuisant. Les récoltes sont insuffisantes, les ressources industrielles locales le sont également. Cela indique l’ampleur du problème à résoudre.
Dans sa conférence de presse du 28 mai 1946 M. le gouverneur général de l’Algérie a déclaré :
- En 1871 chaque habitant de l’Algérie disposait de cinq quintaux de céréales par an.
- En 1900  il ne disposait que de quatre quintaux
- En 1940 il ne disposait que de deux quintaux et demi
- Aujourd’hui, avec une bonne récolte, il n’a plus que deux quintaux pour se nourrir» (en 1947).
Voilà pourquoi il y a la famine en Algérie.
A cause de la distribution des terres. Une drôle de distribution…
Les uns ont des domaines immenses qui équivalent à cinq ou six départements français, les autres ont des mauvais lopins de terre…
On cultive la vigne et aussi ce qu’on appelle les agrumes mais pour l’exportation… On a pas assez de céréales, pas assez de blé et la population meurt de faim….
Voilà le propre de la colonisation.
On comprend très bien dans ces conditions le mécontentement de la grande masse des musulmans…
On parle de certaines propagandes.
Ecoutez ! Quand le pauvre fellah qui meurt de faim voit ces immenses plantations de vignes que font valoir les gros propriétaires français et qui ne lui servent à rien, seriez-vous de bonne humeur si vous étiez dans une telle situation ?
Certainement pas. (Applaudissements à l’extrême gauche de l’amphi).
Mais il y a plus.
Tout le monde sait que dans un pays comme l’Algérie la question essentielle est celle de l’eau. Or, on assiste au même phénomène :
L’eau est pour les riches mais pas pour les pauvres.
Les grands domaines sont irrigués mais le pauvre fellah n’a pas d’eau.
Je cite des faits. Non pas des faits quelconques, mais récents, relevés en juillet dernier (1947).
Voici, par exemple, un petit fellah de Biskra qui a été combattant de 1939-40 et de 1942-1945, deux citations, 15 blessures, cinq ans de front.
Il a eu l’idée de creuser lui-même un puits grâce auquel il irrigue son petit champ.Seulement, à côté de lui, est (il y a) un seigneur, M. Constant Dufour, gros propriétaire, un fasciste.
Il était un pro-hitlérien sous l’occupation et il se déclare toujours fasciste.
Ce monsieur possède 10 000 hectares. Il est clair que le petit champ du pauvre fellah ne le gêne pas beaucoup. Mais il a eu peur de la concurrence. Ses dix mille hectares sont arrosés par sept barrages érigés sur l’oued de Biskra illégalement, sans autorisation préfectorale. Ils sont donc bien irrigués. Malgré cela, il a estimé que le petit fellah qui possède cent arbres fruitiers et soixante et un palmiers pouvait lui créer une concurrence dangereuse. Il a fait combler son puits, l’a fait arrêter par l’administration et l’a fait mettre en prison.
Comment avec un pareil régime les Algériens peuvent-ils être satisfaits ?
Le fellah fait sortir de l’eau de la terre. On lui fait boucher son puits parce qu’il va concurrencer un gros colon pro-hitlérien.
Il en est ainsi partout.
Dans le sud de Tébessa, près de la frontière tunisienne, le sol est extrêmement riche. Il suffirait d’un peu d’irrigation pour avoir des cultures florissantes. Or les fellahs meurent sur leurs terres. Ils meurent de faim parce qu’ils n’ont pas d’eau. L’administration ne les connaît pas.
Le mouton qui est l’animal qui vit le mieux en Algérie a évidemment besoin d’eau et de près. Et bien l’année dernière et il y a deux ans, les moutons ont crevé par centaines de milliers parce qu’ils n’avaient pas d’eau.
Pourquoi n’ont-ils pas eu d’eau ?
Les résultats des recherches sont parfaitement clairs.
Les géologues sont à cet égard catégoriques : il y a d’immenses nappes souterraines d’eau dans les Hauts-Plateaux. Il suffit de les faire monter.
Comment ?
Comme on a fait par exemple au Turkistan où des moteurs écoliers, de petites dynamos mues par un moteur à vent chargent des accumulateurs qui actionnent des pompes faisant monter l’eau des puits… Il suffit de déclencher des initiatives individuelles et collectives mais on ne veut rien faire. Les moutons crèvent et la population est affamée.
C’est ça le régime colonial.
Un peu avant que M. le ministre de l’Intérieur vienne à Alger, j’ai vu moi-même y débarquer, non pas les tracteurs dont les paysans ont besoin mais des tanks, de l’artillerie.
Ce n’est pas ainsi qu’on tire un pays de la misère.
Ce n’est pas en faisant défiler dans les rues d’Alger des tanks et des canons mais en y envoyant des camions, des tracteurs, de l’essence, seule manière de gagner le cœur d’un peuple…
Système colonial donc qui ne veut d’aucune manière développer dans le pays l’industrie et l’agriculture…
Au point de vue ouvrier je n’ai pas besoin d’insister beaucoup non plus :
Le bilan est simple.
Par suite de la famine dans les campagnes, les villes connaissent un afflux de main-d’oeuvre mais non qualifiée et, par conséquent, elles (les villes) bénéficient d’une énorme masse de manœuvres qu’on peut embaucher à bas prix…
Quant à la réglementation que nous connaissons en France, les syndicats ouvriers algériens ont toutes les peines du monde à les faire appliquer.
Voici un fait parmi beaucoup d’autres :
Aux mines du Kouif les ouvriers malades ou blessés vont passer la visite. Voici comment le médecin les reçoit :
- Reviens au travail
- Mais docteur je suis malade
- Tu feras un autre travail moins pénible mais reviens.
L’ouvrier dit :
- Eh bien je vais aller au syndicat.
Le médecin répond :
-Vous êtes des mouches. On vous écrasera comme des mouches, vous et votre syndicat.
C’est cela le colonialisme.
Est-ce qu’un médecin français a le droit de parler ainsi ? Est-ce qu’il ne salit pas la corporation des médecins ?
Au lieu seulement d’essayer de soigner les hommes qui vont le trouver il les insulte et les menace".
Parlant de l’Assemblée algérienne, le parlementaire André Marty exprime sa consternation :
-"La première fois que nous avons visité l’immeuble où cette assemblée délibèrerait nous avons pu lire au-dessus des portes les noms des délégations séparées.
C’est ainsi que nous avons lu ces mots :
Colons, Non colons, Arabes, Kabyles.
Une drôle de démarcation, vous le voyez, qui nous rappelait un peu les trois ordres des Etats généraux !
Les menants d’un côté, les seigneurs et le clergé de l’autre…
En effet, en Algérie existe une division administrative dite commune de plein exercice. On voudrait pouvoir dire, comme en France.
Drôle de conseil municipal.
En somme, une commune de l’an 1 200 était certainement plus avancée que celle que l’on appelle de plein exercice en Algérie. (Applaudissements à l’extrême gauche des l’amphi).
A côté sont les communes dites communes mixtes, c’est-à-dire placée sous la double autorité d’un administrateur et d’un réseau de caïds.
C’est en somme un système purement féodal.
Or, j’ai entendu dire que le 14 juillet 1789 la féodalité avait disparu en France.
Eh bien ! en Algérie elle existe et aggravée bien que les populations algériennes soient majeures depuis bien longtemps…
Alors quand on vient nous dire ce sont des départements français ! 
Dans un département français la féodalité n’existe plus (Applaudissements à l’extrême gauche de l’amphi).
Je vais plus loin :
Il n’y a jamais eu de divisions racistes. Même sous la féodalité. Tandis qu’en Algérie elles existent.
On dresse une barrière pour empêcher des hommes, même s’ils sont élus, de siéger…
Ainsi, premièrement, toute une partie de la population de ces départements, les huit neuvièmes environ, ne se voit  appliquer les lois de la République française que sous réserve d’un décret spécial…
Deuxièmement : la majorité de la population (les autochtones) ne jouit pas des droits et libertés de la République française…
Troisièmement : le statut juridique des huit neuvièmes de la population (les autochtones) ne relève pas du code civil français.
Quatrièmement : les libertés municipales, telles qu’elles sont instituées en France, n’existent pas en Algérie".
Fin de l'intervention de M. André Marty.
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Que répondront les parlementaires français qui, en 2005, ont tenté de laver le système colonial de ses crimes sans nom ?
M. Bentaleb rêvait du rattachement de l’Algérie à la France mais sans discrimination aucune entre les citoyens d’une grande nation. Son itinéraire est éloquent. De bout en bout au service de la France : policier, gendarme, caïd, conseiller général, parlementaire, ancien combattant contre le colonialisme allemand en France et en Europe. Il a été aussi dur, aussi vrai, sans rien cacher de ses ressentiments, de ses espoirs déçus.
C’est que le système colonial français ressemblait vraiment à l’apartheid, au nazisme et au sionisme.
Bentaleb était le premier «béni oui-oui» qui, à la tribune du Parlement, a osé faire le rapprochement entre le régime hitlérien et le système colonial français.
Mais il était aussi le seul «béni oui-oui» à envisager la possibilité d’une guerre anticolonialiste en Algérie et de le proclamer à la tribune du Palais Bourbon en 1947. Etait-il plus perspicace, plus prévoyant que toute la classe politique française ?
Quant à M. André Marty, c’était  un  républicain de conviction, révolté de voir que le système colonial en Algérie maintenait les populations algériennes dans l’ignorance et l’esclavage, les privant des droits les plus élémentaires : justice, école, santé, travail, logements décents, routes, électricité, dont jouissaient tous les colons et non colons importés d’Europe pour faire de l’Algérie un territoire français.
Des vrais républicains français comme M. Marty étaient rares en 1947.
Ils seront nombreux après le déclenchement de la Guerre de Libération.
Pour l’honneur de la République française ils combattront le colonialisme en Algérie et partout dans le monde. Car ils considéraient le système colonial comme le nazisme et le sionisme :
Un crime contre l’humanité.
Le débat de 1947 au palais Bourbon, comme nous l’avons vu, a été l’occasion pour les parlementaires indigènes de mettre en exergue et de dénoncer les crimes innommables du colonialisme.
Qu’ils fussent élus sous la casquette gaulliste, communiste, centriste, assimilationniste ou indépendantiste, ils avaient revendiqué la fin du système colonial inhumain. Clairement ou implicitement. Les uns exprimant le désir de voir l’Algérie entrer dans l’Union française avec la Martinique, la Réunion, la Guadeloupe etc… Les autres revendiquant sans détour l’indépendance.
Tirant sa force d’une puissante armée et d’une police structurée à la manière de la gestapo, l’Etat français avait répondu au mécontentement des députés algériens par des réformettes insignifiantes et des promesses jamais tenues, ne donnant satisfaction ni aux francophiles ni aux anticolonialistes.
Il continuera d’user de massacres, de répression et de corruption comme avant le 8 mai 1945.
Ce qui fera le bonheur des colons qui étaient des miséreux français et européens devenus en Algérie des propriétaires terriens, des commerçants, des entrepreneurs, alors qu’ils n’avaient pas une petite chance de manger à leur faim en Europe sans l’assistance de l’armée du salut.
Le bâton contre les indépendantistes, la carotte aux «bons» arabes qui ne croyaient pas à la défaite politique et militaire du colonialisme français et ne demandaient que l’égalité en droits et en devoirs de tous les «Algériens» sans distinction d’origine et de religion.
En 1951 se déroulera un autre débat que les indépendantistes mettront à profit pour démontrer que rien n’a changé sous le régime colonial et que les promesses de l’Etat français sont restées lettres mortes (1).
Un nouveau fait : l’un des intervenants s’interroge et interroge le président du conseil et le gouvernement sur les fraudes électorales massives organisées par l’administration et les colons en Algérie.
Intervention remarquable et remarquée qui reste, hélas, d’actualité dans tous les pays anciennement colonisés par les puissances européennes.
Cette intervention fut brève, pertinente et mal venue dans la mesure où elle dévoilait l’implication directe du gouverneur général en Algérie dans l’organisation de la fraude, même sans le nommer.
Son auteur, M. Derdour Djamel, député de Constantine, messaliste, n’en était pas à sa première «incartade». Au cours du débat de 1947, il avait scandalisé la classe politique française en assimilant l’armée et la police activant en Algérie à la Gestapo allemande. En 1951, à la tribune du palais Bourbon, il récidivera pour nous faire découvrir l’une des facettes hideuses de l’administration coloniale qui use de la répression contre les Arabes et du bourrage des urnes pour offrir la victoire à ses candidats.
Ironie du sort, après les années soixante, la République française a encouragé ces méthodes dans ses anciennes colonies que les intellectuels et la presse occidentale désignent sous le vocable risible de «républiques bannières». Ceci nous oblige de répéter le proverbe qui dit : «Le chameau regarde la bosse des autres chameaux, mais il oublie la sienne».
Pour rafraîchir les mémoires défaillantes et pour en finir définitivement avec le concept honteux de «l’effet positif» du colonialisme nous reprendrons dans un prochain article la déclaration complète du député. Derdour Djamel.
Ainsi, nous espérons avoir fait honneur aux parlementaires qui, en 1947, avaient eu la témérité de tirer les premiers coups de feu contre le colonialisme, au palais Bourbon, alors qu’ils jouissaient des privilèges des Français du 1er Collège. Ce qui nous révèle le haut degré de leur patriotisme. L’histoire officielle a occulté ce volet du combat libérateur pour des raisons politicardes.
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Hocine Mahdi

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Les interventions des députés sont extraites du journal officiel de l'Assemblée Nationale Françcaise (Août 1947). 
(1) – Le statut organique a été adopté par le Parlement mais n’a pas été appliqué.
*) Habitant en France et parachuté sur une liste électorale de la ville d'Oran au service des colons.  

Offense A Sarkozy L’étudiant condamné à une amende


Constantine / Offense A Sarkozy
L’étudiant condamné à une amende
Fellahi Moncef, étudiant, a été condamné à 50 000 DA d’amende pour offense à l’égard de Nicolas Sarkozy. Le procureur avait requis six mois de prison ferme en plus de l’amende. Mais, après délibération, la présidente d’audience s’est montrée plus clémente. Pour rappel, le
5 décembre 2007, lors de la visite du président français à l’Université Mentouri, le jeune étudiant avait marqué son hostilité d’une manière originale en s’habillant d’une banderole portant des inscriptions qui accusent Sarkozy de pro-sionisme à cause de son origine juive. Moins virulent et moins chanceux que le ministre des Moudjahidine,
F. Moncef n’a pas été entendu quand il a affirmé qu’il n’avait exprimé qu’une opinion sans l’intention d’offenser personne.
Mahdi Hocine

Tuesday, September 18, 2007

ARTICLES DE PRESSE AOUT SEPTEMBRE2007 HEBDO INDEX

Du Rwanda au Liban
Kouchner reprend du service


Belle gueule, stature d’athlète olympien, gouaille sudiste, langage mielleux du représentant commercial formé aux grandes écoles du marketing, quotient intellectuel au dessus de la moyenne, frimeur et volage, c’est le portrait robot du ministre français qui vient de se singulariser par des déclarations intempestives après un séjour de quarante huit heures à Baghdad.
La première fois que nous avons remarqué Bernard Kouchner ce n’était pas sur le terrain des maladies où les bénévoles de l’ONG ‘’Médecins sans frontières’’ mettent leurs compétences aux services des démunis qui n’ont pas la possibilité d’accéder à des soins de qualité, en Afrique et en Asie.
Il venait d’être parachuté au poste sensible de ministre de la santé au sein d’un gouvernement socialiste sous la baguette de Mitterrand. Il avait pris une décision courageuse à l’époque : interdire la vente en Europe de certains médicaments dont les effets secondaires étaient nocifs sur les malades en cours de traitement. Suite à la grogne des laboratoires pharmaceutiques qui risquaient de grosses pertes financières (recherches, publicité, fabrication) il avait suggéré l’écoulement des médicaments en question dans les pays pauvres.
Bernard Kouchner est médecin, socialiste, militant actif d’une ONG à vocation humanitaire lié par le serment d’Hippocrate et par l’éthique de l’humaniste, comment avait-il pu s’aplatir devant les pressions des financiers au point de leur suggérer de vendre leur poison aux africains et aux asiatiques qui, depuis longtemps déjà, servaient de cobayes aux grands laboratoires pharmaceutiques de l’Europe comme Pfizer, Mayer et autres multinationales ?
Bernard Kouchner est médecin de formation, donc un scientifique.
Qui peut imaginer un médecin de grande renommée protégeant le malade européen et encourageant l’empoisonnement des malades des autres continents qui sont plus vulnérables et plus démunis ?
La deuxième fois c’était au Rwanda. On ne sait pas trop comment il était devenu ambassadeur de bon office de l’ONU. Il était toujours dans les coulisses politicardes et la France était impliquée jusqu’au cou dans le génocide politico ethnique dans ce pays où le Quai d’Orsay, la ‘’PISCINE’’ et l’armée française supervisaient tout. Mais c’est en Somalie où il marquera les esprits en se faisant filmé, par des chaînes TV de son pays, un sac de riz sur les épaules au milieu d’affamés pieds nus qui déchargeaient un camion de gros tonnage. Cette séquence puant la démagogie avait rempli d’aise le petit peuple français qui croyait voir enfin un autre Abbé Pierre, lequel Abbé Pierre était un bloc de sincérité et de bonté et symbolisait l’Amour dans son sens le plus noble pour l’humanité souffrante, en dehors des dogmes religieux et au dessus des chapelles sectaires et ‘’politichiennes’’ qui salissent tout ce qu’elles touchent et ne font absolument rien si elles n’en tirent pas de gros dividendes.
La tournée de Kouchner à Baghdad et au Liban ne peut être comprise que si l’on connait les petits travers du bonhomme.
Lui et Sarkozy avaient milité pour le soutien de la France à l’invasion de l’Irak en y voyant le renforcement de la sécurité de la secte sioniste en Palestine. S’il s’est positionné publiquement pour le départ du premier ministre irakien El Maliki c’est pour marquer de façon indiscutable son allégeance et celle du nouveau maitre de l’Elysée à l’égard de Washington. S’il a manifesté sa préférence à un candidat « démocrate » à la présidence du Liban et s’il se tait sur les agressions de la secte sioniste contre le peuple palestinien, c’est pour la même raison.
Il rêve de dépasser Blair en servitude.



Qui n’a pas remarqué les singeries ridicules de Kouchner et de Sarkozy ?
Bush réclame le départ d’El Maliki et de son gouvernement et se rétracte le lendemain. Kouchner fait exactement la même chose dès le jour suivant.
Bush lance une déclaration de guerre à peine voilée contre l’Iran. Moins de vingt quatre heures plus tard Sarkozy (*) menace de bombarder Téhéran en criant haut et fort son opposition à l’entrée des Iraniens au club très fermé des puissances nucléaires.

Mahdi Hocine

Discours fin Aout 2OO7 à l’occasion du centième jour de son règne.



Force de l’ONU en Côte d’Ivoire
Le commerce des enfants
Les soldats marocains participant à la force de paix en Côte d’Ivoire se sont singularisés dans un monstrueux trafic d’enfants. Accusés une première fois de viol sur des citoyennes ivoiriennes, ils furent disculpés mais pas totalement blanchis. Selon des témoignages fournis par des femmes, des réseaux de prostitution et pédophiles livraient sur commande aux soldats marocains des gamines âgées entre huit et treize ans et des adolescentes de moins de seize ans.
L’ONU enquête discrètement sur ce scandale mais les médias anglo saxons en font leur chou gras en mettant en exergue la culpabilité des soldats marocains qui seraient friands de chair ‘’fraîche’’.
Il est indispensable d’insister sur le fait que les réseaux pédophiles et de prostitution pullulent dans les pays pauvres où les touristes occidentaux se rendent à longueur d’année pour apaiser leurs criminelle envie de chair ‘’fraîche’’. Car si en Europe la pédophilie est sévèrement réprimée, dans les pays pauvres à vocation touristique les réseaux de prostitution et de détournement de mineurs travaillent sous le « parapluie » de quelques personnalités haut placées dans les services de l’armée ou de la police qui ont assez d’influence pour garantir l’impunité aux proxénètes et aux pédophiles européens. Du Maroc à Taïwan la traite des blanches et la pédophilie constituent d’importantes sources de revenus en devises.
Ce n’est pas nouveau, hélas !
Là où règne la misère se développent la prostitution, la pédophilie, la mendicité, les maladies, l’analphabétisme, le vol et le crime crapuleux.
Les Occidentaux qui ont semé la misère et la corruption en Afrique, en Asie et en Amérique Latine dont ils ont pillés les richesses pendant des siècles sont les premiers à profiter de cette situation qui est appelée à durer encore très longtemps au vu des relations Nord Sud.
Mahdi Hocine



Les frasques d’un ministre


Ould Abbas pratique l’ingérence


C’était hier, c’est aujourd’hui, ce sera demain. Les associations citoyennes qui ont quelques chances de rassembler ne peuvent prétendre à une autonomie même partielle, surtout celles qui ont longtemps vécu sous l’ombrelle du parti unique (inique) comme l’UGTA, l’UNFA, l’UNEA, l’UEA, le CRA, l’UNPA et j’en passe.
Le pouvoir les tient par les gâteries du ventre et du bas ventre. Elles tiennent le pouvoir par un semblant de représentativité, une illusion. Elles ne mobilisent pas les masses mais elles peuvent servir d’alibi, de vitrine pour une démocratie coincée.
Dans le lot le Croissant Rouge occupe une place particulière du fait qu’il canalise la solidarité internationale et implique des échanges avec l’étranger. Les places y sont très chères et très disputées.
Ce n’est donc pas pour rien que Djamel Ould Abbes a provoqué une assemblée générale en passant outre la légalité et sans respecter les formes, en convoquant les béni oui oui et en écartant les récalcitrants de la grande zerda qu’il a offerte à ses laudateurs au club des pins.
Cas flagrant d’ingérence du ministre dans les affaires internes d’une association qui a un agrément du ministre de l’intérieur et un statut civil, un comité dirigeant élu par les adhérents,
une gestion contrôlable, des cadres qui valent ce que vaut un militant d’une association caporalisée dans une démocratie tenue en laisse.
Ce n’est qu’aujourd’hui que le ministre apprend que le bénévolat en Algérie est cent fois plus rentable qu’une fonction rémunérée selon les grilles de salaires conventionnées.
Vous y croyez ?
Moi, je n’y crois pas.
L’usage que fait Ould Abbes des associations civiles pendant les campagnes électorales (subvention en contrepartie d’un soutien politique) serait peut-être de l’altruisme ?
Acte de basse politique qui décourage la mobilisation citoyenne parce que le copinage, la corruption et les relations contre nature refroidissent l’engagement sincère qui peut apporter énormément à la nation.
Hélas !
La majorité des associations marchent dans la combine.

Mahdi Hocine





Les ONG aux Ordres
Elles voient tout, elles ne disent rien

Fin Aout, à la fin d’une rencontre amicale, dans la capitale de la Palestine occupée, entre le tueur Olmert et le colonisé modéré Abbas qui est désormais convaincu qu’il vaut mieux mendier un droit que de lutter pour l’arracher, trois enfants de Djabailia ont été déchiquetés par des obus de Tsahal.
C’est la routine, me rétorqueriez-vous ?
Pas tout à fait, puisque comme à l’issue de chacune de ses rencontres avec le nazi sioniste, le président de l’autorité palestinienne prend la précaution de supplier son hôte d’épargner les innocents quand le saisit la criminelle envie de lancer ses hordes barbares contre de paisibles paysans. Olmert promet mais dès que le colonisé modéré retourne chez lui à ‘’ Fatahstan’’ l’armée nazi sioniste opère une incursion à l’intérieur de Ghaza, rase des maisons, assassine des femmes et des enfants ou bombarde aveuglement des quartiers en prétendant cibler des ‘’ terroristes’’ d’El Kassem.
Cette fois Tsahal a frappé Djabailia.
Yahia et Mahmoud Ghezel jouaient devant leur maisonnette avec leur petite cousine de dix ans.
DES ENFANTS innocents.
Ils ont été foudroyés.
Le porte parole du tueur Olmert a une millième fois de plus justifié l’injustifiable crime : les ‘’terroristes’’ s’abritent au milieu des habitants, ce n’est pas notre faute si les enfants jouaient là où devaient tomber les bombes.
Ironiquement, le même jour, la célèbre ONG Humann Right a adressé à l’Etat libanais un rapport et des
recommandations à l’Etat libanais pour juger des cadres de Hezbollah qui, en Juillet 2OO6, avaient bombardé des villes habitées par des civils sionistes.
Tsahal avait détruit toutes les infrastructures du Liban, avait ciblé des ambulances, avait bombardé des colonnes de refugiés qui fuyaient les zones de combat, avait expérimenté de nouvelles armes, avait usé d’armes interdites par la convention de Genève contre des civils libanais et palestiniens.
Les observateurs et les enquêteurs de Humann Right ont constaté tout cela
En principe, c’est à l’ONU d’ouvrir un procès d’une guerre d’invasion voulue et financée par Washington et exécutée par son gendarme Olmert.
Juridiquement le dossier relève de la compétence du TPI, mais comme ce sont Bush et ses généraux qui sont les principaux coupables toutes les ONG s’inventent des boucs émissaires ou se murent dans un silence qui en dit long sur leurs accointances et sur leur frilosité.
Faut-il évoqué le cas stupéfiant du colonel Steven Jordan superviseur des exactions de la prison d’Abou Graib qu’un tribunal américain a condamné à un blâme ?
Depuis le bombardement d’El Amirya où des dizaines d’enfants et leurs mères ont été carbonisés et la
destruction de Felloudja par des mercenaires recrutés à coup de milliards par le Pentagone pour commettre des actes qui sont en infraction avec la convention de Genève, nous avons compris que la majorité des ONG qui prétendent défendre le droit et la justice font dans l’imposture. Elles exploitent le Tiers Monde en détresse. Elles font des fixations sur les effets et se taisent sur les causes et sur les vrais coupables.
Elles placent dans la même catégorie les spoliateurs et les patriotes qui luttent pour l’indépendance de leur pays.
Ce ne sont pas les valeurs que nous défendons.
Mahdi Hocine







Le poids des mots ou le choc des maux

Mabrouk alina…Elf mabrouk alina. Nous ne parvenons pas à le croire mais faisons confiance à la super intelligence de notre ministre à trois portefeuilles, le frétillant Louh. Il n’a pas l’expérience de l’éminent docteur Ould Abbas pourtant il en fait autant que lui en matière de chiffres. Aurait-il chipé la calculette de son collègue qui nous fait tous prendre des vessies pour des lanternes ? Selon lui le pouvoir d’achat est en nette ascension, l’inflation est en perte de vitesse, le chômage régresse à grande vitesse, le taux de croissance grossit à vue d’œil. Pas en Chine où la machine de production fonctionne 24 heures sur 24 et d’où les marchandises coulent torrentiellement sur le monde entier.
Pas en Hollande où la seule exportation des fleurs naturelles vers les confettis du Golfe arabe rapportent dix fois plus que nos exportations hors hydrocarbure.
Pas en Scandinavie où les gouvernants ne gaspillent pas et ne détournent pas un seul centime des deniers publics parce que les juges et les agents du fisc protègent les biens de la nation.
C’est en Algérie, nous apprend monsieur Louh, où tous ces miracles se reproduisent annuellement depuis I999 sans que nous ne ressentions leurs effets sur notre noir quotidien qui s’assombrit de jour en jour. A désespérer
les plus optimistes et les plus fatalistes parmi nous.
Vous rendez vous compte du bonheur qui nous arrive depuis huit ans ? Notre pouvoir d’achat aurait augmenté de plus de 5O%, le chômage aurait baissé de 7O%, l’inflation serait réduite à 2%.
Nous l’ignorions mais nous voilà informés. Si aujourd’hui le panier quotidien coûte trois journées de travail d’un salarié moyen, ce seraient les statisticiens du ministère qui auraient triché sur les chiffres ou basé leurs calculs sur les indices de la Norvège.
C’est une tradition chez nos gouvernants de nous faire rêver…Comme cette mère qui fait bouillir de l’eau dans une marmite en racontant à ses enfants des fables du terroir jusqu’à ce qu’ils dorment, la faim au ventre, parce qu’elle n’a rien à leur donner.
mahdi hocine




Liban
Le Désordre infécond

En ce triste mois d’anniversaire de la plus humiliante défaite d’une puissante armée contre un minuscule groupe de résistants qui s’appuyait sur le soutien des citoyens, les soldats de Siniora ont mis le gros paquet pour nettoyer le camp des réfugiés palestiniens Nar El Bared. Un déluge de feu tombe du ciel et de tous les côtés sur le bidonville. Si en Juillet 2OO6 les Soldats de Siniora avaient mis autant de hargne contre les agresseurs sionistes Beyrouth ne serait pas aujourd’hui le théâtre d’une lamentable guerre entre des assoiffés du pouvoir à ancrage tribal, sectaire, religieux ou clanique.
En effet, presque derrière chaque petit caporal d’un parti se cache une force manipulatrice qui voit et calcule au delà du peuple libanais et de ses souffrances.
A qui profite le désordre qui paralyse le Liban ?
Entre la France, l’Angleterre, l’Amérique, la Syrie et l’Iran la bataille fait rage pour ce petit bout de territoire multiconfessionnel qui n’a jamais connu de stabilité parce qu’il se trouve au centre d’enjeux démesurés à cause du colonialisme américano sioniste dans la région. Ce qui donne à la classe dite politique libanaise l’image .désastreuse d’un regroupement d’hommes et de femmes qui comptent plus sur la protection d’une puissance étrangère que sur la confiance du citoyen libanais.
Qui peut oublier les avatars de Amine Gémayel promu à la présidence de la république libanaise par Sharon sous des conditions draconiennes et qui fut déchu parce qu’il avait mis du retard à respecter ses engagements envers son tuteur sioniste. Il n’a pas eu la chance de Harriri (seulement premier ministre) dont la mort a provoqué des réunions du Con seil de sécurité de l’ONU et l’implication expresse du Tribunal Pénal International.
Quand on sait que celui-ci n’a pas bougé le petit doigt après le massacre des enfants irakiens carbonisés à El Amirya, il y a lieu de se poser des questions sur le rôle et l’indépendance de cette institution.
Donc sur son utilité.
Une année après l’agression américano sioniste contre le Liban, agression ciblant l’organisation paramilitaire du Hezbollah (qui poursuit la lutte pour la libération des plaines de la Bekaa) mais qui a détruit la moitié du pays sans atteindre son principal objectif, Fouad Siniora tend la main à tous les libanais en passant sous silence que lui, Moubarek, Abdallah de Jordanie, et l’autre Abdallah de l’Arabie Saoudite, sur injonction de Bush , avaient cautionné l’opération dite « chirurgicale » avec la certitude que Tsahal était en mesure d’anéantir en moins d’une semaine les troupes islamistes avec le moins de dégâts possibles pour les infrastructures sanitaires, sociales et économiques du pays. Ils tiraient cette certitude de l’amère expérience des victoires fulgurantes de l’armée sioniste solidement financée, équipée et renseignée par le Pentagone. Des promesses de Con(ne) dolezza machin, de Ehud Olmert et des cartomanciennes de service les avaient rassurés sur ce plan névralgique.
A l’instar de tous les pays de la région, le Liban ne quitte une zone de turbulence que pour tomber dans une autre plus fangeuse que la précédente. Malgré le soutien de Paris et de Washington, ou à cause de ce soutien, le gouvernement Libanais n’a devant lui qu’une issue honorable : consulter les citoyens libanais, les impliquer dans ce qui les concerne, c’est à dire l’avenir de leur pays, de leurs enfants… Leur avenir.
Trop de Libanais sont morts pour rien…
Trop de politicards vampirisent le pays en servant des intérêts occultes et étrangers.
Nous ne voyons pas en quoi la participation aux législatives partielles du parti de Amine Gemayel, l’ex marionnette de Sharon, servirait le peuple libanais. Légalement ce ne devait pas être permis. Mais nous sommes dans une ‘’démo khra tie’’ arabe où c’est la loi de la force et celle de l’argent qui font et défont les pouvoir.

MAHDI HOCINE












Marchands de la mort
Suite au scandale de pots-de-vin de la famille royale révélé sur une commande de cent milliards de dollars en armement aux Anglais, les roitelets du Golfe et l’Arabie Saoudite ont signé avec Bush l’achat, pour la coquette somme de vingt milliards de dollars, de gadgets de la mort qui ne leur serviront qu’aux parades folkloriques.
Appauvri par l’effort financier de l’occupation de l’Irak et de l’Afghanistan, par l’invasion du Liban, par la colonisation de la Palestine et la préparation de la guerre contre l’Iran, par l’encerclement de la Syrie et l’argent de poche de tous les Moubarek, Bush tend la main à tous les pays ‘’amis’’ pour assurer les salaires de ses soldats et renflouer les caisses de la secte sioniste qui est son bras armé au Moyen Orient.
L’avantage pour les roitelets arabes qui ne savent plus de quelle manière dilapider les pétrodollars qui ne leur appartiennent pas, c’est que pas un seul magistrat yankee ne mettra son nez sur les contrats douteux qui puent la corruption à cent mille kilomètres à la ronde quand son intervention, aussi juste soit-elle, peut nuire à l’industrie américaine de la mort. Ce n’est pas comme en Grande Bretagne où des femmes et des hommes de tous les corps de métiers n’ont pas peur de sacrifier leurs carrières par honnêteté intellectuelle.
Parions que les démocrates, généralement hostiles au commerce des armes avec les Arabes qui ‘’menaceraient ‘’ l’existence de la secte sioniste, n’opposeront qu’une molle résistance à la conclusion de ce contrat qui est en vérité une évasion fiscale déguisée qui permettra à la pléthore des princes et des princesses du Golfe et saoudien de s’éclater dans les casinos et les boites de nuit des grandes capitales de l’Occident ;
Mahdi Hocine




Pauvreté du Tiers Monde
Le FMI au ban des accusés
Il a fallu vingt ans à des experts onusiens pour admettre que les méthodes imposées par le FMI aux pays endettés du Tiers Monde ont largement contribué à l’aggravation de la pauvreté partout où le secteur productif public a été destructuré, cassé, bradé, pour ouvrir sans précaution aucune le marché des pays en difficultés à l’importation tous azimuts de produits manufacturés, condamnant des dizaines de millions d’ouvriers au chômage et verrouillant le marché local de l’emploi devant les centaines de milliers de jeunes ayant terminé leurs études, désireux de se réaliser sur le plan professionnel.
Nous étions nombreux, en qualité d’observateurs (sans être des experts), à avoir tiré la sonnette d’alarme lorsque Mouloud Hamrouche et son équipe de technocrates avaient décidé d’appliquer les sévères méthodes du FMI, en allant plus loin et souvent en devançant le plan des conditionnalités mis en place par les affameurs qui dirigeaient le monde. Le gouvernement algérien était alors qualifié de bon élève et croulait sous la pluie de félicitations prodiguée par les experts mondiaux. Il avait lancé sa fameuse injonction :
‘’ – Nous y allons, ça passe ou ça casse-‘’.
Nous l’avions mis en garde.
Son zèle était effrayant.
Notre avantage sur lui résidait dans le fait que nous avions suivi attentivement les effets parallèles (collatéraux) de la thérapie du FMI sur l’Amérique Latine, sur l’Asie et surtout sur l’Egypte de L’infitah.
Quand un charlatan soigne un cancéreux il ne faudrait pas être un prophète pour deviner les conséquences sur le patient.
Or, des années avant que Hamrouche soumette l’Algérie au traitement charlatanesque du FMI, tous les pays qui avaient pris ce chemin avaient sombré dans une situation près du chaos sociale et économique. Les premières conséquences, parmi les plus violentes et les plus choquantes, incitent à la guerre civile : d’un côté la fermeture d’usines mal gérées mais très rentables, l’inflation à trois chiffres, les hôpitaux sans médicaments, l’explosion de la mendicité, de la prostitution, de la criminalité sous tous ses aspects, du chômage, des maladies primitives, le laminage de la classe productive, la réhabilitation de la mafia politico financière, la légalisation du pillage des biens publics, la paupérisation des masses laborieuses. De l’autre côté, quelques centaines de milliardaires et de millionnaires issus de la classe militaire, politique et de leurs alliés, les hommes du sérail, comme les cadres et le patron de l’UGTA et les députés ‘’chroma’’. MAHDI HOCINE


Quand un tortionnaire se met à table

Un livre et des questions



Les confidences baveuses du général Ausseresses sur la torture et les exécutions sommaires pendant la bataille d’Alger a brisé un super tabou en France car il démontre que les services de la présidence de la
République suivait de très près la situation. La capture et l’assassinat déguisé maladroitement en suicide
de Larbi Ben M’hidi sont évoqués avec le langage d’un homme apaisé qui estime avoir accompli son devoir patriotique. Il ne s’agit pas d’un mea culpa mais d’un regard en arrière d’un homme au crépuscule
de la vie qui a une dent pointue contre la classe politique du fait que celle-ci n’ait jamais eu le minimum de courage d’endosser sa part de responsabilité dans ce qu’on appelait pudiquement les dépassements en haut lieu. Alors que sans une couverture du sommet de l’Etat ni le général Massu ni Bigeard n’auraient fait de leurs soldats des buveurs de sang, des pillards et des violeurs malgré un code d’honneur militaire qui trace une ligne rouge à ne pas dépasser sous peine de perdre son âme.
Et pour cause !
Secret de polichinelle…
Mitterrand était le commanditaire de l’assassinat de Ben M’hidi. Il était également l’ordonnateur du concept barbare de la responsabilité collective qui fut appliqué en Europe par les hordes hitlériennes entre I939 ET I945.
Mais quel est le parti politique français de gauche ou de droite, particulièrement le parti socialiste, qui n’a pas fermé les yeux sur les carnages commis par l’armée française ?
L’objectif de ses opérations barbares était louable à leurs yeux : conserver le statut d’un département français collé artificiellement à l’Algérie pour protéger les intérêts des gros propriétaires terriens et les réserves pétrolières.
Mitterrand était ministre de l’intérieur puis ministre de la Justice, Jospin s’accrochait à ses basques, les Giscard d’Estaing, les Jacques Chirac, les Michel Debré, les François Mauriac adoraient De Gaulle. Aucun d’eux ne ratait l’opportunité de faire l’apologie de l’armée en niant la généralisation de la torture et en relativisant l’ampleur des exactions en Algérie. Ils formaient un bloc solidaire face aux détracteurs du tout répressif et des bombardements des populations civiles car les partisans d’un règlement politique du conflit commençaient à s’organiser en comités de soutien à l’indépendance. Les criminels s’appelaient Massu, Bigeard, Le Pen, Achyari, Papon, René, Ausseresses, tandis que leurs victimes portaient des noms bizarres tels que Mohammed, Salah, Makhlouf, Larbi, Ali, Akli, Z’hor, Ouenassa, Fatma, Aicha…
L’Algérie devait éternellement demeurer une province française avec un statut semblable à celui de la Réunion. Alors pourquoi s’embarrasser de scrupules ?
Quarante cinq ans après la fin de la lutte armée c’est la guerre des mémoires qui dresse un mur devant la
nécessité d’un rapprochement entre les deux pays. La classe politique française a honte de faire une lecture honnête du système colonialiste français et de ce qu’ils désignaient entre 1954 et 1962 sous un doux euphémisme : « les événements d’Algérie ».
Pire encore.
En l’an 2OOO le président de la République française, le gaulliste Jacques Chirac, a eu l’indécence de
demander au peuple algérien d’oublier… C'est-à-dire d’assassiner une deuxième fois les victimes de la barbarie colonialiste, de s’amputer volontairement la mémoire. Ceci après avoir présenté aux sionistes des excuses pour la mort de français de confession juive qui furent livrés par les autorités françaises à la
Gestapo.
Quant à Lionel Jospin, en qualité de premier ministre et chef du parti socialiste, il s’était fermement opposé à tout acte de repentance (en signe de solidarité avec les sionistes). Un troisième personnage qui a
marqué l’histoire de la France gaulliste, Michel Debré, a rejeté catégoriquement l’idée d’une enquête au
prétexte que les faits dataient de quarante ans (*) au moment où la Justice française planchait sur les dossiers des traitres français qui avaient collaboré avec la puissance coloniale allemande, soixante ans après l’indépendance de leur pays, cas de Touvier et de Papon pour ne citer que les plus célèbres parmi les félons néo nazis.
Nous l’avons tant et tant de fois déploré :
Pour faire bouger les respectables magistrats du Tribunal Pénal International suivant les lois qui condamnent le crime contre l’humanité à Nuremberg il faut être un européen blanc, un américain blanc ou un juif reconnu par l’International sioniste.
Nous posons une question aux juristes du monde entier et particulièrement à ceux qui ont fait carrière au sein de l’ONU :
Pourquoi cette discrimination ?
Si nous nous basons sur les raisons qui ont présidé à la création et aux actes du Tribunal de Nuremberg,
toutes les exactions qui furent commises par les puissances coloniales à travers le monde à partir de 1939
sont passibles du TPI.
Comment qualifier tous les actes barbares dont le résultat fut l’extermination ou l’exil de milliers de familles et de dizaines de tribus pour que la ‘’généreuse’’ république française puisse offrir les terres
les plus fertiles et les mieux irriguées à des chômeurs importés d’Europe ?
N’est-ce pas ce qui se passe aujourd’hui en Palestine occupée, au Sud Liban, en Syrie, malgré les résolutions de l’ONU, malgré les conférences de Madrid, d’Oslo, de Charme Echeikh, de la Mecque, de Camp David et j’en oublie, malgré les verdicts retenus contre les sionistes pour spoliation ?
Citez nous une seule loi du code pénal international qui autorise un Etat d’amnistier des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité dont il fut le coupable ou le commanditaire après la création du Tribunal de Nuremberg ?
Si les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles, nous ne parlons ici que des exactions recensées après 1939, pourquoi les magistrats du TPI sont braqués sur la Serbie, le Soudan, le Rwanda et se détournent de ceux commis par les sionistes et les puissances qui monopolisent aujourd’hui le Conseil de Sécurité de l’ONU ?
Revenons à Ausseresses.
Son livre – confidence a eu l’effet d’une bombe au sein de la classe politique accusée d’avoir fait porter le chapeau aux seuls militaires qui avaient obtenu carte blanche de l’Assemblée Nationale, du Sénat et du Conseil d’Etat pour pacifier l’Algérie par n’importe quel moyen (torture, bombardement au napalm, viol,
exécutions sommaires et massives, méthodes gestapistes).
Chirac s’était empressé de prendre de lourdes sanctions contre le nouveau traitre en lui retirant la légion
d’honneur. Il fera l’âne qui découvre soudainement les sévices infligés à un peuple par une armée qui n’avait absolument rien à envier aux SS. C’était une réaction à chaud.
Jospin se réveille brutalement et clame son indignation. Il donne l’impression qu’il est désormais prêt à faire un pas vers le peuple algérien en demandant pardon et contribuer à construire un pont entre les deux
rives de la Méditerranée. Peut-être prendrait-il l’initiative d’inscrire sur le programme scolaire l’histoire du colonialisme dans toute sa laideur ? Il n’en fera rien en raison de la similitude du nazisme et des crimes du système colonial français en Afrique. Et les sionistes n’admettent pas que les mythes de l’holocauste unique soient concurrencés sur le livre de l’histoire de l’humanité. Tous les Européens et tous les américains sont associés à la sauvegarde de ces mythes à n’importe quel prix.
Tous les représentants de la classe politique française sont alignés sur cette position.
Ausseresses, un empêcheur de ‘’nier’’ en rond ? Seul coupable de ce qu’il dénonce ?
Oubliés les commanditaires Coti, Mitterrand, De Gaulle, Papon, et j’en passe…
Que l’on ne dise pas que le problème ne nous concerne pas.
Les livres comme ceux du général déchu Ausseresses ouvrent une porte à toutes les victimes du colonialisme dont la voix est étouffée. Devant l’Afrique martyrisée s’ouvre le chemin qui mène à la réactivation du TPI.
Que feront les anciens moudjahidine (les vrais) ?
Que feront les enfants de chouhada ?
Que fera l’association du 8 Mai 1945 ?
N’en déplaise à tous les Sarkozy, à tous les Jospin, à tous les falsificateurs de l’Histoire, la mémoire des peuples n’est pas négociable.
Mahdi Hocine






Libye
Des révélations ahurissantes

‘’- Nous avons torturé le docteur palestinien à l’électricité… Nous avons maltraité les infirmières… Elles étaient innocentes mais les pressions de l’Union européenne et de l’administration américaine étaient très fortes… Nous n’avions pas un autre choix… Nous devions en faire des coupables pour amener les Européens et les Américains à négocier avec nous…Les quatre cents cinquante enfants contaminés par le virus du sida sont victimes de la mauvaise hygiène de nos hôpitaux-‘’.
Qui a fait ces révélations ahurissantes ?
Le deuxième personnage du régime libyen : Seïf el Islam Kadhafi dans un entretien de près de cinquante minutes à El Djazeera.
Il parlait avec une décontraction olympienne, le sourire aux lèvres, la gestuelle étudiée. Comme s’il discutait d’un banal fait divers…
Quatre cents cinquante enfants condamnés à court terme, un médecin torturé, des infirmières maltraitées Une équipe médicale incarcérée arbitrairement.
Et, en apothéose de cette monstrueuse machination, des contrats commerciaux faramineux, la France accélérant des procédures de vente d’armement à la Libye qui trainaient depuis plus de trois ans, l’Union européenne découvrant soudain que Maâmar El Kadhafi est un homme d’Etat fréquentable, Bush magnanime pardonnant les frasques de son ex ennemi qui s’est agenouillé pour ne pas subir le sort de Saddam Hussein.
Avec tout cela l’on ose nous parler de respect des droits de l’homme, de démocratie, de valeurs morales, de civilisation, de justice…
Seïf el Islam n’est pas à critiquer. C’est sa désinvolture qui génère un gros malaise.
Ce futur docteur en science politique et futur président à vie de la Jamahiriya libyenne nous a fourni la pleine mesure de son humanisme de pacotille tout en mettant en lumière l’hypocrisie de Bush, de Sarkozy, de Markel et des gouvernants de l’Occident civilisé qui désirent nous enseigner leur démocratie à trois vitesses.
Qui récompense la torture et l’arbitraire perd le droit de se revendiquer démocrate et civilisé.
On se gausse souvent des dictateurs du Monde Arabe qui marchent sur la tête mais que valent les autres, leurs souteneurs ? Les puissants de ce monde qui, pour une vente d’arme de quelques millions de dollars, se laissent glisser plus bas que leurs protégés ou ‘’amis’’.
Mahdi Hocine



Services ou sévices publics
Les retraités et la CNAS
Afin d’éviter les longues files d’attente devant les guichets payeurs la CNAS a
eu l’intelligente initiative d’ouvrir une annexe spécialement réservée aux retraités. Les installations sont correctes, l’hygiène est bonne, mais le comportement des guichetiers ne s’est guère amélioré. Hier, vers 1O heures, quelques retraités patientaient devant les guichets vides tandis que les trois employés discutaillaient dehors. Pendant ce temps leur responsable direct faisait comme si les retraités qui s’impatientaient devant les guichets étaient invisibles.
Ainsi pour un service de deux minutes chronométrés le malade attend un quart d’heure, parfois plus, selon le bon plaisir des employés qui sont souvent de mauvaise humeur. Des habitudes exécrables qu’ils conservent de leurs anciennes activités au sein du siège régional de la CNAS de Constantine où ils pouvaient se permettre de martyriser impunément les vieux malades qui passaient des heures de pénible attente pour le remboursement de quelques dizaines de dinars.
Ceci pour dire combien les mentalités bureaucratiques (bourreaucratiques) résistent parce que le laxisme des responsables encourage les incivilités des employés qui abandonnent leurs postes de travail sous n’importe quel prétexte, laissant attendre les citoyens.
MAHDI HOCINE





Babor Australia

Un Aborigène bien chanceux

De 1915 à 1929 plusieurs milliers d’enfants aborigènes furent enlevés ou retirés de force à leurs parents et placés au sein de familles de colons européens.
Objectif de l’opération : couper les enfants de leur milieu ‘’barbare’’ et leur inculquer les valeurs de la civilisation anglo saxonne. Puisque l’extermination ne devait pas cibler tous les autochtones pour offrir un cheptel d’esclaves aux envahisseurs Blancs au début de la colonisation, il fallait bien mettre en place une méthode de déculturation, de lavage de cerveau ou d’amputation de la mémoire à appliquer aux nouveaux nés et aux enfants en bas âge. Mobiliser les colons eux-mêmes à récupérer les australiens de souche au biberon, à les isoler de leurs familles et à malaxer leurs cerveaux pour en faire de bons sujets de Sa Majesté,
Quelle belle trouvaille !
C’était tout de même un sort moins tragique que celui de leurs parents et grands parents qui furent décimés pour céder la place aux colons anglo saxons. C’était bien moins tragique que le sort des indiens que les ascendants de Bush avaient parqués comme des animaux, le plus loin possible des agglomérations blanches.
Pour autant, cela reste du colonialisme.
Bruce Trévowor est l’un des milliers d’enfants sur lesquels cette méthode supposée douce a eu des effets psychologiques désastreux. Il a toujours souffert de ne pas savoir qui il était réellement du fait qu’il avait grandi au milieu de chérubins blancs, lui le basané. Pour ne plus se poser des questions sur son origine Il s’est refugié dans l’alcool. Mais grâce à une avocate blanche il a esté EN JUSTICE l’Etat Australien. Au bout de longues années de procédures vaseuses il s’est trouvé un magistrat blanc assez courageux pour condamner l’Etat Australien à verser l’équivalent de trois cents vingt sept mille euros au septuagénaire Bruce Trévowor en dédommagement pour avoir été isolé de son milieu naturel.
Voici l’un des volets noirs du colonialisme dont on parle très peu au Maghreb et en Afrique.
La France a expérimenté cette méthode dans ses anciennes colonies afro maghrébines en s’appuyant sur le dévouement des missionnaires de l’Eglise catholique. Sans succès. Les stratèges de l’occupation autour de De Bourmont étaient parvenus à la conclusion qu’aucun peuple ne pourra être durablement soumis s’il n’était pas dépossédé de ses référents culturels et cultuels.
En convertissant les mosquées en églises, en interdisant l’enseignement de la langue Arabe, en subventionnant le charlatanisme de certaines confréries véreuses, la France croyait pouvoir
tenir éternellement l’Algérie sous sa coupe. Paradoxalement ce sont les colons eux-mêmes qui avaient sabordé cette stratégie.
Par bêtise.
Puisqu’ils se sont farouchement opposés à l’humanisation des conditions d’existence des indigènes.
En Australie des magistrats, descendants de colons, viennent de condamner la nocivité du colonialisme.
Quand l’Europe aura-t-elle la volonté politique de le faire ?


Mahdi Hocine



PREJUGES


Nous avons la perfide habitude de citer des animaux en référence lorsque nous parlons des femmes et des hommes qui nuisent à leur communauté.
Tueurs, tortionnaires, violeurs, magouilleurs, traîtres, veules, sadiques, crasseux… Toute cette racaille est comparée à une multitude d’animaux inoffensifs en dépit d’une apparence parfois effrayante.

Ainsi, quand un homme dépasse les frontières de la cruauté nous le traitons de chien et lorsqu’il pousse l’ignominie jusqu’à assassiner ses semblables, n’épargnant ni les femmes, ni les enfants, ni les vieillards, pour
grimper sur un amoncellement de cadavres vers le sommet de l’échelle sociale, nous le qualifions de hyène.
Mais dans nos stupides critères de comparaison nous évacuons totalement les éléments qui constituent autant de circonstances atténuantes, voire de non culpabilité en faveur de l’animal. Puisque lors de n’importe quelle enquête sur l’itinéraire d’un coupable, les juges, les médecins, les avocats se font un devoir de fouiller dans son passé, dans son milieu, dans son bilan médical, à la recherche d’indices qui lui éviteraient une lourde condamnation.
Je ne sais pas pourquoi nous négligeons le fait que généralement l’animal n’est ni traître ni méchant et qu’il est guidé par l’instinct de conservation. Nous oublions toujours que la nature ne l’a pas doté de la faculté –très précieuse chez l’homme – de mesurer les conséquences de ses actes sauf dans la mesure où ceux – ci lui assurent la survie.
Par contre l’homme (qui prétend être façonné à l’image de Dieu) a pleinement conscience des dégâts qu’il provoque autour de lui et des lourds préjudices qu’il fait subir à ses semblables. Pire, il jubile des résultats noirs de ses forfaits. Car il agit par calcul… Des calculs abjects… L’ambition, l’égocentrisme, la goinfrerie, les vils instincts l’aveuglent et il ne reculera devant aucun crime pour parvenir à ses sombres desseins.
La science a démontré de manière indiscutable que, tant qu’il n’a pas faim et qu’il n’est pas menacé, l’animal demeure paisible. Il vivra en bon voisinage avec tous les êtres vivants de la terre, les plus faibles et les plus forts que lui.
Voyez le chien ? pour ne prendre que l’exemple le plus banal…
Le chien que nous insultons des millions de fois par jour à tort et à travers alors qu’il mérite notre respect et notre admiration.
Il ne trahit jamais.
S’il agresse férocement et tue c’est à cause de l’être humain qui l’aura dressé spécialement pour faire du mal.
C’est donc par un réflexe de protection à l’égard de son compagnon (maître dans le langage courant).
C’est nécessairement par fidélité.
Très peu d’êtres humains peuvent se vanter de cette qualité.
Nous ne sortirons pas des exemples banals.
La trahison n’a t – elle pas fait des ravages ?
Prenons celui d’une personne qui accède à un poste de responsabilité. Bonne gestionnaire, si elle cherche l’efficacité elle commencera par sélectionner un staff suivant les critères de la compétence et de la probité morale. De cette manière elle sera solidement entourée et pourra honorer ses engagements grâce à l’abnégation de ses collaborateurs.
Or, chez nous, il est très courant que des gestionnaires nouvellement promus à des fonctions d’intérêt national battent l’appel de leurs amis et de leurs « ouled bled » et leur confient des postes de travail sensibles en raison de leur impact direct sur la société. Souvent cette décision est mue par un réflexe tribal qui ne s’embarrasse pas des règles de la moralité. Ce qui a abouti à l’anarchie dans bon nombre de nos institutions,
nos infrastructures socio culturelles, nos entreprises économiques et l’administration.
Quelques fois, en toute bonne foi, des promus s’entourent de personnes qu’ils connaissent et en qui ils ont entière confiance. Dans ce cas, quatre fois sur cinq ils découvrent que leurs « ouled bled » les trompent sans retenue, les déshonorent. Parce qu’ils ne peuvent envisager des sanctions contre des amis et des « pays », ils n’auront que la triste alternative de partir sur la pointe des pieds et la tête basse.
Ils n’ont pourtant commis qu’une seule faute : celle d’avoir placé leur confiance en des amis.
C’est de cette manière que des amitiés que l’on croyait indestructibles ont connu un tragique déclin.
En quoi donc l’homme est- il meilleur que l’animal ? S’il est incapable de résister à ses vils instincts et que pour des raisons bassement matérielles il n’hésite pas de trahir une amitié ou son pays, pourquoi lui faire l’insigne honneur de le comparer à des animaux qui ne savent pas ce que c’est une tromperie ?
Désormais il nous faut inventer un nouveau vocabulaire pour ne plus déshonorer les animaux en les comparant à des hommes qui piétinent toutes les valeurs humaines.
Je commence par demander mille fois pardon à nos amis les bêtes. Celles-ci au moins n’ont pas d’arrière pensée quand elles s’attachent à vous.
mahdi hocine





Fracture sociale
Aveugles, sourds et sans conscience !!!

Ne jouons pas avec les mots. Ne soyons pas poli par convenance ou par hypocrisie. La situation est très grave. Non ! La situation est gravissime… Il y a le feu à la maison Algérie. Et les pompiers ne bougent pas le petit doigt.
Ils voient les flammes du malheur et de la précarité consommer nos vies et ils continuent de broder dans la propagande ridicule des années de plomb.
Ils entendent nos cris de détresse et ils continuent de maquiller les réalités qui leur déplaisent et de vouloir nous endormir avec des promesses auxquelles des enfants de six ans ne croiront pas tant elles ont été ressassées pendant les trente dernières années.
Pour eux tout va bien en Algérie.
Mais de quelle Algérie nous parlent-ils ?
Certainement pas de celle où nous nous réveillons chaque matin la peur au ventre.
Certainement pas de celle où la flambée des prix pousse des chefs de famille à nourrir leurs enfants de semoule avariée destinée à l’alimentation du bétail à 8 da le kilo(*).
Certainement pas de celle où il faut graisser la patte pour accéder à un emploi de balayeur ou à un prêt bancaire dans le cadre de l’ANSEJ et du micro crédit conçus pour aider les jeunes chômeurs à se prendre en charge en créant leurs propres entreprises.
Certainement pas de celle où la mendicité, la prostitution, la fouille dans les ordures, le vol, font partie du lugubre décor de notre quotidien parce que nous avons reculé d’un siècle en dix ans de mauvaise gouvernance.
Certainement pas de celle où l’armée du peuple est dressée pour réprimer les enfants du peuple qui revendiquent un peu de dignité.
Pour eux tout va bien en Algérie…
Et leur Algérie à eux c’est celle des Palais et du Club des Pins où la pauvreté est interdite de séjour et où des tonnes d’aliments comestibles cuisinés par des maîtres finissent à la poubelle…
Et leur Algérie à eux est celle des comptes en banque inépuisables en devises fortes…
Et leur Algérie à eux est celle qui se soigne en Suisse pour une simple égratignure et qui se nourrit de caviar.
Alors regardons en haut et chantons en cœur :
‘’ -Tout va bien, sa Majesté sans couronne… Tout va bien. TOUT VA TRES … ‘’
Cet hymne qui fut entonné par les spécialistes de la flagornerie durant le règne de Chadli jusqu’au 5 Octobre 1988 où ils se sont convertis à l’opposition de façade.
De toutes les manières nos gouvernants ne nous entendront pas.et ne nous verront pas.
Ils ne sont pas sourds, ils ne sont pas aveugles.
Leurs consciences et leurs cœurs sont en hibernation. Et c’est là où réside la source de tous les problèmes qui déchirent notre Algérie.
Mahdi Hocine










Conférence sur la Palestine

La secte sioniste annonce les couleurs

De Camp David à Oslo, s’appuyant sur la complicité inconditionnelle de l’Union Européenne et le silence des monarchies du Golfe, Washington a réussi à stériliser toutes les résolutions onusiennes visant un règlement ‘’équitable’’ de la question Palestinienne. A savoir : légalisé le fait accompli d’une spoliation de territoires par les hordes nazies sionistes et accorder aux victimes de cette spoliation le droit de créer un Etat sur la portion d’un mouchoir de poche de ce qui fut toujours leur patrie.
Rongé par ses divisions infantiles, le Monde Arabe ne pouvait que se mettre à genoux et ramener le bas de sa gandoura au dessus de sa tête ou enfoncer celle-ci dans le sable comme l’autruche. La ligue Arabe, un joujou fabriquer par les anglais pour bien contrôler le Moyen Orient qu’ils tenaient sous leurs bottes, n’a jamais servi que contre les intérêts des peuples arabes et particulièrement contre ceux du peuple palestinien. Nous pensons que les monarchies du Golfe et marocaine, alliées serviles de l’administration américaine qui assure leur protection contre leurs propres sujets opprimés, étaient chargées au sein de la ligue de parasiter toutes les opportunités d’un accord inter arabe qui soit de nature à perturber le rapport de force imposé par Washington dans la région.
La conférence programmée pour Septembre par Bush n’apportera rien de nouveau. Elle sera un
autre bide. Tout est fait pour cela. Les participants et l’ordre du jour restent un mystère à quelques jours de l’ouverture, aucune préparation sérieuse n’est lisible sur l’organisation de cette réunion dont dépendra la stabilité de la région.
La secte nazie sioniste s’est déjà engagée dans les grandes manœuvres. Joignant les discours aux actes. Le tueur Olmert a envoyé ses bombardiers violer l’espace aérien de la Syrie. Sa
ministre des affaires étrangère accuse Mahmoud Abbas d’incapacité de maitriser le volet sécuritaire qui lui incombe contre les « terroristes » palestiniens, elle évacue les refugiés de l’ordre du jour de la conférence, il ne sera pas question de discuter du retour aux frontières de 1967 et d’abandonner le Golan, elle revendique un Etat palestinien sans arme. ELLE EXIGE LA NORMALISATION DES RELATIONS AVEC LES PAYS DU GOLFE AVANT UN EVENTUEL ACCORD DE PAIX.
C’est exactement le contraire de ce que veut Abbas et ce qu’a réclamé Amr Moussa dans un point de presse après une réunion avec quelques ministres de la ligue Arabe.
On croirait réentendre Sharon exprimant ses griefs contre Arafat quelques mois avant de l’empoisonner.
En même temps Tsahal poursuit ses opérations criminelles que les lourds médias occidentaux s’interdisent d’évoquer par esprit de cousinage.
Le message est clair :
La paix ne sera pas pour demain.
Nous ne voyons qu’une seule voie : que l’UE, Poutine et Ban Qui Moon aillent chez Bush et négocient avec lui l’application du verdict du TPI qui a condamné le colonialisme sioniste de retourner aux frontières de 1967, de restituer les territoires accaparés par les colons sionistes, de démolir le mur qui emprisonne les palestiniens chez eux. Après cela tout sera possible. Ce qu’on appelle les « terroristes » palestiniens n’auront plus de raison de se faire harakiri pour revendiquer
l’indépendance de leur pays. Car c’est Bush qui s’oppose farouchement à l’application des sanctions de l’ONU et du TPI contre son gendarme au Moyen Orient.
Gendarme dont la fin de mission ne sonnera que lorsque l’Iran et la Syrie seront totalement pacifiés
à la manière de l’Irak.
Mahdi Hocine
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A propos des mascarades électoralistes
Les abstentionnistes s’expriment

Amusante la décision de Zerhouni d’adresser quatre millions de lettres aux citoyens qui ont joué à l’arlésienne le 17 Mai 2OO7.
L’Algérie d’en haut est riche à ne plus savoir quoi faire de ses pétrodollars. Cette situation de super confort inspire des idées saugrenues à nos décideurs qui ne parviennent pas à digérer le taux d’abstention inavouable et inavoué de près de 83% aux dernières élections.
Zerhouni gaspille du temps et de l’argent alors qu’il dispose de toutes les informations sur le déroulement du scrutin et les motifs de l’abstention.
Ce n’est pas nouveau.
Posez la question au premier quidam que vous croisez sur votre chemin il vous dira ceci :
‘’ Nous connaissions les résultats des élections plusieurs semaines avant l’ouverture des bureaux de vote. Pourquoi nous déranger ? Tous les partis sont engagés dans la réalisation du programme du président. Le FLN, HAMS, le RND, le PT, le RCD, ne font plus que dans la danse du ventre… De l’opposition des salons. Pour qui et pourquoi voter quand les quotas ont été négociés à l’avance ? Il n’y a pas eu 35 % de votants, il n’y a eu que 16 %. Les citoyens ont crié d’une seule voix leur rejet d’un pouvoir qui ne voit pas leur détresse et leur ment sur tout et sur n’importe quoi. Voter pour des partis qui s’opposent à l’adoption des lois anti corruption, qui se sont tus sur le détournement de milliards de dollars par les coquins et les copains et qui n’ont pas besoin de nos voix pour se faire élire c’est vouloir défoncer des portes largement ouvertes‘’.
C’est dit simplement, clairement, avec le solide bon sens de nos ancêtres.
Alors pourquoi nos décideurs ne veulent-ils pas admettre que l’acte électoral est par essence une adhésion volontaire à un projet de société, un acte militant de soutien au programme d’un parti ou d’un gouvernement, un signe de confiance des citoyens vis-à-vis de leurs institutions ? Si les Algériens se sont aussi massivement abstenus c’était pour exprimer leur ras-le-bol des mascarades électoralistes budgétivores, en sachant que des centaines d’urnes seront remplies avant l’ouverture des bureaux de vote. Une vieille tradition du FLN remise au goût du jour par les partis du ventre qui sont associés au partage de la rente.
Le jour des élections j’avais fait le tour de la ville. Je n’avais vu que des vieillards qui ont l’habitude de voter pour avoir le cachet sur la carte d’électeur.
Et personne n’ignore cette habitude bien de chez nous.
Le jour du vote j’avais discuté avec des observateurs dans les bureaux de vote, ils étaient effrayés par l’absence des électeurs en comparaison avec les scrutins précédents. Tous les walis, tous les chefs de parti et les services du ministre de l’intérieur étaient informés de demi heure en demi heure du nombre réel des votants suivant les registres d’émargement.
Et ce n’était pas la joie.
Belkhadem, Ouyahia, le faiseur d’amulettes, Louiza et Zerhouni doivent descendre de leur nuage et écouter avec plus d’attention les convulsions sociales, serait-ce à travers le cri d’alarme des émeutiers, des harraga et des syndicalistes autonomes. Les urnes du 17 Mai n’ont servi qu’à répercuter cet assourdissant cri de révolte passive qui a été entendu et commenté par toutes les chancelleries, amies et ennemies, installées à Alger.
Il n’y a que les locataires d’El Mouradia, du Palais du gouvernement et les vernis du Palais Zighout Youcef qui jouent aux sourds.
Il faudrait peut-être un autre Octobre 88 pour les arracher de leur léthargie ?
Mahdi Hocine